Suisse: Rencontre de délégués de mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles

Une première, dans la foulée de « Pentecôte 98 » à Rome

Baar, 11 septembre 1999 (APIC) Pour la première fois en Suisse, une vingtaine de mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles suisses, représentatifs de près de 50’000 personnes, se sont réunis le 11 septembre à Baar, près de Zoug, pour vivre une journée d’échange, de prière et d’amitié. Une journée placée sous le signe de la pluralité dans l’unité autour de Jésus. Trois membres de la Conférence des évêques étaient présents: Mgr Martin Gächter évêque auxiliaire de Bâle, Mgr Pierre Bürcher, auxiliaire à Lausanne, et Mgr Joseph Roduit, abbé de Saint-Maurice.

Le rendez-vous de Baar pourrait déboucher en 2001 sur un rassemblement suisse des mouvements ecclésiaux et communautés, au niveau des membres et sympathisants cette fois. A noter que ni l’Opus Dei, ni « Pro Ecclesia » et pas davantage « Aufbruch » étaient présents à Baar. Pour la simple raison qu’ils n’ont pas été invités. « L’Opus Dei ne peut pas être considéré comme mouvement, puisqu’il s’agit d’une prélature personnelle, avec son propre évêque et sa propre hiérarchie, a commenté Mgr Gächter. Quant au mouvement « Pro Ecclesia », a-t-il fait remarquer, il n’est tout simplement pas reconnu comme tel par l’Eglise. Il n’a du reste jamais demandé à l’être ». Le rendez-vous de Baar a mis en présence des représentants des mouvements « poids lourds » comme les Focolari, Communion et libération ou encore Sant’Egidio et l’Arche, avec des centaines de milliers d’adeptes dans le monde, mais aussi des délégués de groupements minuscules, comme « Eucharistein », de Nicolas Buttet, à Epinassey (VS), avec une dizaine de membres.

Dans la foulée du Rassemblement des mouvements charismatiques mondiaux tenu à Pentecôte 1998 à la demande du pape Jean Paul II, quelque 300 délégués des différents mouvements de l’ensemble du pays, tessinois, alémaniques et romands, ont répondu à l’invitation des Focolari, notamment.

L’âge de la maturité

Le 20 mai 1998, veille de la Pentecôte, 60 mouvements s’étaient en effet rassemblés Place St-Pierre à Rome en vue de préparer le IIIe millénaire. La naissance et la diffusion, après le Concile Vatican II, des nouveaux mouvements ecclésiaux a suscité dans l’Eglise une nouveauté inattendue, parfois impétueuse qui n’a pas manqué de suscité des interrogations, des malaises des tensions, devait admettre Jean Paul II au cours de sa rencontre avec les quelque 200’000 personnes alors présentes Place St-Pierre. « Cela a pu entraîner chez les uns des prétentions et des excès, chez les autres des préjugés et des réserves ». Mais, devait-il encore faire remarquer, l’âge de la maturité ouvre une nouvelle étape. Aujourd’hui, on estime que près de 80 millions de catholiques dans le monde appartiennent à un mouvement.

Ce rendez-vous mondial a été suivi d’un premier prolongement, continental, celui-là, vécu en juin dernier à Speyer, près de Karlsruhe, en Allemagne, puis d’un second, organisé au niveau national cette fois.

En Suisse comme dans d’autres pays dans le monde, des Comités ont été créés. Avec Mgr Martin Gächter, évêque auxiliaire de Bâle, sept responsables de quatre organisations – Focolari, Communauté Sant’Egidio, Schönstatt Bewegung et Renouveau dans l’Esprit Saint – se sont mis au travail. Pour organiser et rendre possible cette journée du 11 septembre, avec les trois familles principales de ces mouvements: franciscains, charismatiques et œcuméniques.

Pour Mgr Gächter, responsable du dicastère « Communautés religieuses et mouvements de spiritualité », au sein de la Conférence des évêques suisses, il s’agissait, pour les organisations présentes à Baar, de sortir de l’anonymat et de rendre visible la variété de mouvements et de nouvelles communautés aux charismes différents.

Rendez-vous en 2001?

Après la présentation du film vidéo « Pentecôte » 98, plusieurs exposés portant sur les mouvements du renouveau charismatique dans l’histoire de l’Eglise, la dimension charismatique et la hiérarchie de l’Eglise, ou encore sur les tensions entre les paroisses et les mouvements, une quinzaine de Carrefours ont permis à chacun des mouvements de se présenter. Et d’envisager l’avenir, après avoir constater que l’envie de cheminer en commun est bien réelle. C’est ainsi qu’en 2001 est d’ores et prévu une journée pour l’ensemble des milliers de membres de mouvements et communautés, à une date et dans un lieu qu’il conviendra encore de définir.

Une célébration eucharistique présidée par Mgr Gächter a mis un terme à ce rendez-vous de Baar.

Pas ou peu de défections

La plupart des mouvements invités ont répondu présents. A quelques exceptions près. « Aucun, en tous cas, n’a fait connaître un quelconque désaccord avec ce rendez-vous, ou émis un avis défavorable », assure la Zurichoise Hanny Knüsel, coordinatrice du comité d’organisation de la Journée de Baar. Pour elle, l’objectif, qui était de tisser une véritable communion entre les mouvements en Eglise, de les faire se connaître avec leur charisme propre, est largement atteint. « La découverte de l’un a été une richesse supplémentaire pour l’autre ».

L’autre côté positif de cette rencontre a été de poser une première pierre pour nous engager ensemble à l’avenir pour une Eglise vivante et une société renouvelée par l’Evangile. Comment et par quels moyens? C’est là encore un grand point d’interrogation. « Tout est encore ouvert. Jusqu’à présent, commente enfin Hanny Knüsel, chaque organisation y est allé de sa partition, a parcouru son propre chemin: Rome, Speyer et maintenant Baar ont été nécessaires pour faire naître les mouvements, les faire reconnaître. Pour vivre une amitié, il est nécessaire de se connaître, d’élaborer des actions communes. Mais ils faut aujourd’hui aller plus loin et regarder bien au-delà de son jardin. D’où la nécessité de travailler ensemble, tout en restant fidèle à son propre charisme ». (apic/pr)

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