Grimisuat: 10e anniversaire de la mort de Mgr Gabriel Balet, évêque de Moundu
Grimisuat (VS), 12 septembre 1999 (APIC) Il y a 10 ans disparaissait Mgr Gabriel Balet, évêque valaisan de Moundu, au Tchad. Avec 170 autres personnes, dont son confrère fribourgeois Gervais Aeby, provincial des capucins suisses, il figurait parmi les victimes de l’explosion du DC 10 de l’UTA au dessus du Niger, le 19 septembre 89. Pour marquer cet anniversaire, son village natal de Grimisuat avait invité tous les évêques tchadiens à l’issue de leur visite ’ad limina’ à Rome.
Les paroissiens de Grimisuat et Champlan avaient encore une autre raison de célébrer : l’arrivée de leur nouveau desservant, un prêtre fidei donum camerounais, le Père Marcellin. «Comment ne pas y voir un malicieux clin d’œil du ciel de Mgr Balet qui a donné sa vie pour l’Eglise africaine», relève le président de Commune Eric Roux. Un missionnaire africain en Suisse ? La chose peut paraître de prime abord incongrue. Au départ, le Père Marcellin pensait rejoindre une autre Eglise africaine. «Mais Dieu écrit droit sur des lignes courbes», explique-t-il lui-même. Il sera un des premiers Africains nommé dans le diocèse de Sion. «Vous me demandez d’être le prêtre de tous. Je vais essayer de l’être en me faisant Valaisan avec les Valaisans», souligne-t-il en promettant d’aller frapper à toutes les portes du village.
Pour l’occasion, six des sept évêques du Tchad, entourés de Mgr Joseph Roduit, Abbé de St-Maurice, et d’une quinzaine de prêtres dont plusieurs confrères capucins ont participé à la célébration à la salle de gymnastique du centre scolaire de Grimisuat.
Une Eglise jeune
«Il y a dix ans, la mort de notre confrère Mgr Balet, fut pour nous une catastrophe, a rappelé Mgr Charles Vandame, archevêque français de N’Djamena. Arrivé au Tchad en 1973, nommé évêque en 1985, «Mgr Balet était un évêque sage, avisé, prévoyant, courageux, proche du peuple. Vous pouvez en être fier.» Malgré et peut-être aussi grâce à la mort de Mgr Balet, l’Eglise au Tchad, jeune de ses 70 ans seulement, n’a cessé de se développer. Elle compte depuis trois nouveaux diocèses. Dans un pays où les catholiques sont 20% de la population pour 15% de protestants, 54% de musulmans et 11% d’adeptes des religions traditionnelles, l’Eglise veut tenir sa place et se bat en faveur de la concorde et de la justice, face aux démons de la division. «Le sang de Gabriel Balet a féécondé la terre du Tchad. Nous en récoltons les fruits.»
Le Père Gervais Aeby qui trouva la mort dans le même avion, alors qu’il rentrait d’une visite au Tchad, fut lui-aussi un ardent missionnaire. Il débarqua en 1972 aux Iles Seychelles, puis trois ans plus tard à l’Ile Maurice pour y enseigner la théologie. A son retour en Suisse il devint supérieur des capucins pour la Suisse romande, puis provincial pour la Suisse.
Les chœurs-mixtes de Grimisuat et Champlan, la fanfare communale, les autorités communales et paroissiales, tous s’étaient donnés la main pour que la fête, agrémentée de quelques trop petites touches africaines, soit belle. Beaucoup ont apprécié la possibilité de rencontrer les évêques du Tchad et de discuter à bâtons rompus autour d’une assiette paysanne servie dans l’ancienne étable communautaire.
Hommes de terrain, ils sont les témoins d’une Eglise jeune, pleine de vie, malgré la pauvreté et les difficultés. «Chaque année, j’ouvre une nouvelle paroisse à N’Djamena, ville essentiellemet musulmane et les communautés ecclésiales de base se multiplient», relève Mgr Vandame. Durant une semaine, les évêques ont apporté au pape et aux dicastères romains leur souci d’une Eglise engagée dans une société ou les antagonismes religieux, politiques, sociaux, sont toujours à fleur de peau et risquent d’éclater à tout moment. Depuis près de deux ans, le pays vit en paix, mais rien n’est définitivement acquis. (apic/mp)
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