Pas de différence avec l’avortement chirurgical

Suisse: La FEPS s’explique sur l’introduction de la pilule abortive RU 486

Lausanne 14 septembre 1999 (APIC) La question de l’introduction de la pilule abortive RU 486 a suscité de vifs débats en Suisse. Si les milieux catholiques ont vivement réagi après l’autorisation accordée le 14 juillet, par l’Office intercantonal de contrôle des médicaments, côté protestant on ne se montre pas opposé à la RU 486. Hans Ulrich Germann chercheur à l’Institut d’éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) s’en explique au Service de presse protestant.

La Conférence des évêques suisses, par la voix du Père Roland B. Trauffer, secrétaire, avait relevé que la RU 486 «n’est pas seulement une nouvelle méthode d’avortement, mais un pas de plus vers le meurtre toujours plus perfectionné des enfants non-nés au moyen d’une substance chimique». L’association «Oui à la vie» a lancé une pétition contre la RU 486 remise le 18 août à la chancellerie fédérale munie de 45’000 signatures. Parallèlement, l’initiative populaire «Pour la mère et l’enfant» prévoyant notamment que «quiconque cause la mort d’un enfant à naître ou y contribue de manière décisive est punissable» – sauf en cas de danger pour la vie de la mère – recueillait les 100’000 signatures nécessaires à son aboutissement.

«Je partage leur souci de protéger la vie à naître, mais suis en désaccord avec leur volonté de limiter la liberté de choisir la méthode d’avortement», relève Hans-Ulrich Germann. Les interdictions et autres mesures restrictives, on le sait depuis longtemps, ne mènent à rien. Le choix de la méthode appartient à la mère, en accord avec son médecin et après avoir été dûment informée par celui-ci. C’est la position officielle de la FEPS.

La FEPS ne fait aucune différence entre la RU 486 et l’avortement chirurgical légalement pratiqué de nos jours, et qui a aussi des effets secondaires. Il s’agit d’une question médicale. Le cadre juridique actuel me semble offrir toutes les garanties nécessaires, puisque la RU 486 ne peut être obtenue que dans un hôpital ou avec le consentement d’un médecin privé spécialisé, commente le théologien de la FEPS. .

La femme ou le couple doit pouvoir décider

Pour justifier sa position la FEPS s’appuie sur une distinction entre la décision d’avorter et l’action d’avorter, souligne H.U. Germann. Au stade de la décision, la plus grande circonspection est de mise. «Afin de soutenir les parents et de les aider à prendre conscience de leurs responsabilités, la société doit leur offrir des consultations gratuites dispensées par des spécialistes de l’interruption de grossesse. Il faut également tenir compte du développement de l’embryon. Plus l’embryon est avancé, plus on doit le protéger. Concrètement, au premier tiers de la grossesse, la femme enceinte – ou le couple – doit pouvoir décider sous sa propre responsabilité. Au deuxième tiers, les avortements ne doivent être autorisés que si la santé de la mère est gravement menacée. Dans le dernier tiers, il faut bannir les interruptions de grossesse. «

Tout le monde dans les Eglises protestantes n’est pas d’accord avec cette argumentation, admet le chercheur. «Certains membres des Eglises protestantes partagent les convictions du mouvement «Oui à la vie» en disant que si Dieu protège la vie, l’avortement est intolérable. Quant à moi, je pense que les moyens pour assurer l’idéal chrétien de protection de la vie ne sont pas donnés une fois pour toutes et doivent donner lieu à une réflexion approfondie.» (apic/spp/mp)

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