Neuchâtel: Messages pour le Jeûne fédéral

«Le jeûne est une histoire de nourriture mais aussi de cœur»

Neuchâtel, 17 septembre 1999 (APIC) Le jeûne est une histoire de nourriture. Or de nos jours, il n’y a plus guère que les malades qui se soumettent au jeûne et quelques résistants qui l’utilisent comme pression morale. Autant dire qu’une majorité n’a rien à faire du jeûne. «Et pourtant, jeûner est avant tout une histoire d’esprit et de cœur», relèvent les Eglises du canton de Neuchâtel.

Quant au Conseil d’Etat vaudois, il souligne que la vocation de l’homme est de «vivre debout», ce qui implique d’assumer notre responsabilité vis-à-vis des autres et du monde.

«Nous sommes ce que nous mangeons», affirment dans une déclaration oecuménique les Eglises du canton de Neuchâtel. Et si jeûner devenait cette année l’acte qui nous permette de bien choisir notre nourriture, de mieux l’apprécier comme symbole des valeurs d’amour et de paix que nous défendons au nom de notre foi chrétienne?, interrogent-elles. C’est alors qu’à l’instinct de se remplir, nous substituerons le goût du partage. «Il n’y aura plus de jouissance sans conscience, de plaisir sans désir. Une valeur ajoutée donnera à nos repas ce jeûne de l’esprit et du coeur.» Ainsi, même la table de nos repas quotidiens deviendra ce lieu où l’on n’oubliera pas. «L’Ecriture déclare: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole que Dieu prononce, voilà la valeur ajoutée à nos repas.»

Ainsi, concluent les Eglises neuchâteloises, jeûner en cette année 1999 ne sera pas se restreindre, mais ajouter quelque chose à chaque repas: «Ce quelque chose, cette parole de Dieu sera là partout où une mère prépare un repas, berce son enfant, là où des mains quelques instants posent leurs couverts pour se joindre. Elle sera là où des signes, des gestes de tendresse, d’affection et de prévenance se refléteront, brilleront sur le monde comme sur les carafes de la cène». Le texte neuchâtelois est signé par des responsables de l’Eglise réformée évangélique, l’Eglise catholique romaine, l’Eglise catholique-chrétienne, l’Eglise mennonite évangélique et l’Eglise évangélique méthodiste.

Assumer la responsabilité de notre humanité

Dans le canton de Vaud, c’est traditionnellement le Conseil d’Etat qui proclame «la décision de la Haute Diète du 2 août 1832» et appelle les citoyens à célébrer «un jour de prières et d’actions de grâce». Il complète cet arrêté d’un message qui, cette année, commence par reconnaître la difficulté de nos jours «d’être véritablement vivant, de vivre debout, simplement en être humain». Or cette vocation ne peut se vivre seul, chacun chez soi: «C’est de la beauté et de la force des relations que nous entretenons les uns avec les autres que découlent la force et la beauté d’une communauté. Il est fondamental de considérer notre société dans son ensemble…»C’est là une façon de penser et de vivre enracinée dans les traditions juive et chrétienne», observe l’exécutif cantonal, qui s’interroge: «saurons-nous en partager les exigences avec les croyants d’autres religions? Nous sommes tous destinés à être comme le levain dans la pâte au milieu de la vie de notre société», affirme-t-il encore.»

Une offrande pour le monde paysan

Comme chaque année, le Jeûne fédéral offrira à la population suisse l’occasion de se montrer solidaire avec les défavorisés de divers pays. L’effort portera sur «Le soutien au monde paysan» en Inde et au Népal. Pour améliorer leurs conditions de vie, les familles paysannes doivent s’organiser afin d’éviter le départ à la ville et la dérive sociale. L’objectif des œuvres d’entraide Helvetas, Swissaid, Action de Carême et Pain pour le prochain est de soutenir les initiatives locales et de contribuer au bien-être social, alimentaire et sanitaire des «sans terre» hors caste: les Dalits et les Adivasis. (apic/spp/jms/ba)

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