Démolir la religion de l’autre n’ouvre pas le dialogue

Pendant longtemps au Liban, le souci primordial des auteurs, tant chrétiens que musulmans consistait à chercher les failles de la religion de l’autre dans le but de démolir son édifice. Ce genre de « dialogue » tend aujourd’hui heureusement à diminuer, relève Joseph. Maalouf.

C’est surtout la personne du prophète Mahomet et sa prophétie qui sont la cible des apologistes chrétiens. Pour eux, Mohamet n’a rien ajouté au judaïsme et au christianisme, mais n’a fait que reprendre à son compte ce qui existait avant lui au sein de diverses tribus judéo-chrétiennes dans la région de la Mecque. Dans leur logique chrétienne, ces auteurs ne peuvent pas imaginer qu’il puissent y avoir une nouvelle forme de prophétie après le Christ. Mohamet aurait suivi l’enseignement d’un évêque nazaréen de La Mecque, mais à la mort de ce dernier la révélation s’est flétrie.

Les musulmans n’ont pas manqué de répondre sur le même ton. Ils reprochent au christianisme d’avoir introduit des notions païennes dans sa doctrine comme la Trinité qui est une forme de polythéisme païen. Le christianisme a été au départ une religion monothéiste, mais c’est saint Paul, l’empereur Constantin et les conciles qui l’ont déformée. Le texte du Coran est un texte éternel et donc fiable. Les textes de l’Evangile ne le sont pas du simple fait de leur multiplicité. Les hommes d’Eglise ont en outre joué un rôle déterminant dans la falsification de la foi chrétienne. Ne faut-il pas s’arrêter pour sortir de l’impasse, interroge J. Maalouf ? (apic/mp)

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