Rome: Le pape relève les ombres et les lumières de l’information

«Ne pas toujours privilégier le sensationnel»

Rome, 24 septembre 1999 (APIC) Jean Paul II déplore le fait que des professionnels de l’information conçoivent trop souvent leur responsabilité comme «commerciale» plutôt que «sociale». On tend ainsi à privilégier ce qui crée une information, le sensationnel, au détriment de ce qui aiderait à mieux comprendre les événements du monde. On court ainsi le risque de déformer la vérité», déclare-t-il dans un message adressé jeudi à l’Union italienne de la presse catholique (UCSI).

Le pape reconnaît que le développement incessant des moyens de communication sociale exerce une influence de plus en plus grande sur les personnes et l’opinion publique. Ce qui augmente précisément la responsabilité de ceux qui travallent directement dans ce secteur.

Il est urgent, poursuit Jean Paul II, que les chrétiens engagés dans le secteur de l’information collaborent avec toutes les personnes de bonne volonté pour un meilleur respect de la vérité. Le pape propose des pistes concrètes pour les professionnels qui souhaitent promouvoir «un nouvel humanisme qui ouvre les portes à l’espérance, comme, par exemple donner de l’importance à «des thèmes comme celui de la paix, de l’honnêteté, de la vie de famille, au lieu de donner une importance excessive à des faits négatifs».

Révolution informatique

Jean Paul II analyse ensuite ce que la révolution digitale a apporté au monde de l’information, en cette fin de millénaire. Il reconnaît qu’il s’agit d’une opportunité chargée d’un «potentiel culturel sans précédent, avec des conséquences au niveau social et politique en faveur des plus faibles et des plus pauvres. Dans un réseau informatique, celui qui envoie et celui qui reçoit des messages, sont au même niveau».

Mais si on n’offre pas aux utilisateurs une égalité d’opportunités, ce potentiel risque de ne pas pouvoir se développer pleinement. Certains grands conglomérats de l’information qui, au niveau national ou supranational travaillant parfois en l’absence totale de règles, créent des conditions de supériorité et par conséquent, de soumission culturelle». Une déviation dangereuse, estime le pape.

Ceci est encore plus grave si nous tenons compte du fait que les moyens de communication «courent souvent le risque de remplacer les institutions éducatives, indiquant des modèles culturels et de comportement qui ne sont pas toujours positifs et face auxquels les plus jeunes sont sans défense».

Il s’agit là, selon Jean Paul II, de problèmes d’une importance décisive qui interpellent l’Eglise et les associations de laïcs. Il faut donc souhaiter la création de comités éthiques des moyens de communication qui veillent sur les éventuelles manipulations de l’information, car «tout ce qui est techniquement possible n’est pas forcément moralement licite». (apic/zenit/ba)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-le-pape-releve-les-ombres-et-les-lumieres-de-l-information/