Ethiopie: L’Eglise orthodoxe éthiopienne souhaite sauvegarder ses biens historiques
Addis-Abéba, 26 septembre 1999 (APIC) L’Eglise orthodoxe éthiopienne, de rite copte, l’une des plus vieilles au monde, de concert avec le gouvernement éthiopien, a entamé un vaste programme de sauvegarde de ses biens historiques dans le but de les préserver des pillages, du vol ou de leur dégradation. Selon un des responsables du projet, le Français Jacques Mercier, «la façon dont des pièces de valeur sont conservées dans les églises laisse encore beaucoup à désirer».
Les paroisses orthodoxes éthiopiennes sont riches de biens historiques aussi divers et variés que d’icônes, de vêtements liturgiques ou de manuscrits anciens. La plupart de ces pièces sont souvent volées, notamment dans les églises situées près des routes. Ce trafic lucratif a commencé au début des années 60.
Le programme de conservation et de restauration est financé par l’Union Européenne. Il consiste à trier et séparer tous les objets de valeur à caractère culturel et historique, puis les mettre à l’abri, dans des bâtiments en dur. Jusqu’ici ils étaient conservés dans des endroits parfois perméables à la pluie, construits en pierres séchées et couverts d’une charpente en bois. «L’état des bâtiments est parfois pire que celle des objets d’art», a fait remarquer Jacques Mercier.
«Comment gagner le paradis?»
Face à cette situation de dégradation, des migrants éthiopiens revenant au pays, avaient pris l’habitude de détruire les vieux bâtiments, les uns après les autres, pour en construire de nouveaux. Ces «actions de bienfaisance» voulaient, pour certains, manifester leur respect de la foi chrétienne. D’autres y voyaient une manière de «gagner plus tard le paradis».
Cette manière de faire est évidemment très critiquée par les spécialistes d’art sacré. Ces derniers considèrent leur initiative comme une «catastrophe», car elle détruit un patrimoine d’une valeur culturelle inestimable.
Même s’il est difficile d’évaluer le nombre d’églises détruites dans ce contexte, les spécialistes estiment que depuis 1979, ce sont 80% de chapelles anciennes qui ont été rasées au profit de nouvelles. «La notion d’objet culturel ou d’objet artistique ancien n’existe guère chez les Ethiopiens qui les considèrent comme «passés de mode», prétend Jacques Mercier.
Sensibilisé sur les méfaits culturels de la destruction des églises anciennes, le gouvernement éthiopien a demandé aux responsables du programme de dresser un état des lieux des églises et sur les objets ou pièces historiques à conserver absolument. Les responsables du programme ont pour mission de recommander à l’Etat le classement de tous les bâtiments historiques. Ces derniers ne pourront plus être transformés sans l’accord d’une commission nationale. (apic/ibc/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse