Belgique :Déclaration des évêques sur le Jubilé de l’an 2000
Bruxelles, 29 septembre 1999 (APIC) Le Jubilé doit être « une année de gratitude, de questionnement et d’espérance », soulignent les évêques belges dans leur message pour l’an 2000 présenté mercredi à Bruxelles. Outre l’expression de la reconnaissance, il s’agit aussi de vivre la réconciliation. Reprenant le termes du pape, les évêques regrettent « les méthodes d’intolérance et même de violence dans le service de la vérité » en particulier envers les juifs.
« En Jésus-Christ, nous avons appris à connaître Dieu tel qu’Il est au plus profond de lui-même, c’est-à-dire pur Amour! », a relevé le cardinal Godfried Danneels. Tel est, pour l’Eglise universelle, l’enjeu de la célébration du Jubilé de l’an 2000. La commémoration de la naissance de Jésus incite d’abord les chrétiens à exprimer leur gratitude d’avoir découvert en Jésus un Dieu Amour, qu’ils confessent comme Père, Fils et Esprit-Saint.
Après 2000 ans de christianisme, il y a de quoi exprimer sa reconnaissance pour « les forces de salut » que la venue du Christ a libérées, insistent les évêques: « Un fleuve de foi et d’engagement a pris sa source en Lui. […] La contribution du christianisme à l’humanisation de l’être humain est incontestable. Les chrétiens ont sans cesse incarné dans des formes nouvelles leur souci des pauvres et des personnes blessées. Et ce n’est pas uniquement par la charité authentique, mais aussi par l’enseignement et par la culture, que le christianisme a façonné de multiples façons la dignité de l’homme. Jésus-Christ est une source inépuisable et permanente de guérison, d’inspiration et de promotion de l’homme. »
Un questionnement honnête
Les 2000 ans de christianisme ont cependant comporté des « moments pénibles ». Il faut donc aussi s’arrêter pour un « questionnement honnête », se demander comment l’Eglise a pu vivre cela et s’interroger sur ce qui rend difficile la marche en avant, poursuivent les évêques. « Ainsi nous devons reconnaître que des considérations anti-juives ont de temps à autre déformé la catéchèse chrétienne, la prédication et la théologie, contribuant ainsi à entretenir un climat hostile aux juifs. Le vrai témoignage chrétien ne se fera qu’avec humilité et dans le respect des autres », souligne le texte.
Paradoxalement, à l’heure où elle célèbre deux millénaires d’existence, l’Eglise vit « une sérieuse crise ». Dans un monde où « beaucoup de nos contemporains, sous l’influence d’une culture sécularisée à outrance, deviennent étrangers à la foi en un Dieu d’amour personnel » et où « le christianisme ne s’inscrit plus dans le prolongement de ce que nous sentons, pensons ou attendons humainement ».
Le Jubilé de l’an 2000 provoque donc les chrétiens à rendre compte de leur espérance. L’enjeu paraît capital aux évêques, alors que « beaucoup de jeunes Occidentaux errent dans une atmosphère de dérive spirituelle, d’anesthésie morale et de manque de sens »
Un cadeau à la source
Les évêques belges consacrent six des 27 pages de leur déclaration à inviter leurs lecteurs à « puiser abondamment à la source » du Christ. Jésus, soulignent-ils, est « le plus grand cadeau de Dieu ». La vie chrétienne commence par l’accueil de ce cadeau. « Notre vie quotidienne ordinaire peut devenir lieu de rencontre avec Dieu. Là où nous rencontrons les autres en profondeur, nous pouvons rencontrer Dieu. »
De Jésus, les évêques rappellent encore le « comportement libérateur ». En actes comme en paroles, « il libérait ceux qui étaient prisonniers de forces qui les enchaînaient et les déshumanisaient ».
Trois pistes de réconciliation
Pour les chrétiens, l’événement de Pâques atteste que « grâce au Crucifié, nous sommes réconciliés avec Dieu ». Il en résulte pour les chrétiens, disciples du Ressuscité, un appel à servir cette dynamique de réconciliation. Les évêques leur suggèrent trois pistes, à l’occasion du Jubilé de l’an 2000.
La première est inspirée par la bible: tous les cinquante ans, l’année jubilaire était l’occasion d’une redistribution des biens en vue d’un nouveau départ. La déclaration épiscopale souhaite, à la suite du pape, que des gestes significatifs soient fait pour alléger sinon pour remettre la dette des pays pauvres.
Une deuxième piste des réconciliation invite à nouer des relations vraies, à rétablir des relations brisées, à réparer le mal commis. Cette démarche pourra notamment se vivre dans les multiples pèlerinages qui seront proposés.
Enfin, les évêques n’imaginent pas pouvoir célébrer le Jubilé de l’an 2000sans lui donner « un élan et un cachet explicitement oecuméniques ». (apic/cip/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/belgique-declaration-des-eveques-sur-le-jubile-de-l-an-2000/