Le prochain Synode veut «proclamer que l’espérance de l’Europe est dans la croix du Christ». Il faut donner «un supplément d’âme au continent en train de naître», en s’appuyant sur «l’héritage du christianisme» qui a façonné la vieille Europe. annonce le Document de travail du Synode pour l’Europe (Instrumentum Laboris) publié en juillet dernier.
Le texte dune centaine de pages qui servira de base de discussion aux évêques cite notamment, parmi les signes d’espérance, la nouvelle vitalité des Eglises, à l’Est comme à l’Ouest. Il met en évidence la liberté d’action retrouvée pour les communautés qui ont vécu pendant plus de cinquante ans dans les catacombes. La meilleure connaissance des peuples d’une part et d’autre du continent s’est traduite par des aides et des contacts entre les Eglises locales.
Mais l’Europe ne respire toujours pas avec ses deux poumons occidental et oriental, car le mur de Berlin a été remplacé par celui de la différence économique entre les pays. L’athéisme pratique semble avoir remplacé l’athéisme idéologique et marxiste. Les comportements personnels sont souvent marqués par le relativisme moral et la fracture entre la conscience privée et les valeurs publiques.
Le Document de travail reflète aussi la préoccupation suscitée par le nationalisme. Le texte invite à «reproposer l’idée même de la nation», qui ne doit pas disparaître mais qui doit s’ouvrir aux autres identités nationales, en encourageant des relations de collaboration et de solidarité.
Situation religieuse
Sur le plan religieux, l’Instrumentum Laboris n’hésite pas à dénoncer le «risque d’une dé-christianisation progressive et radicale du continent». Ceci fait naître chez certains la tendance à «tout remettre en question, y compris à l’intérieur de l’Eglise». Dans certains pays, il y a déjà un grand nombre de «personnes non baptisées qui ne connaissent pas les fondements du christianisme».
Le Document fait également une analyse détaillée de la situation en Europe de l’Est. «On a remplacé la domination culturelle du marxisme par celle d’un pluralisme indifférencié et à tendance sceptique et nihiliste». Depuis quelques années l’Est souffre en effet de l’influence de «phénomènes négatifs» qui caractérisent l’Europe occidentale, comme le «matérialisme pratique, l’esprit de consommation, l’hédonisme, le relativisme culturel et religieux». Dans certains cas, «la diffusion sauvage du capitalisme, dans ses formes les plus dures, s’appuie sur des mécanismes propres à la mafia».
La nouvelle Europe
L’Instrumentum Laboris ne manque pas non plus de s’intéresser aux aspects politiques et économiques. Le texte analyse ainsi le processus d’introduction de la monnaie européenne unique «S’il se réalise dans une optique globale de solidarité, il peut donner une plus grande stabilité à l’Europe», affirme le Document. «Mais si l’on tient compte de l’important phénomène de mondialisation en cours, la monnaie unique peut contribuer à imposer une logique qui ne profiterait qu’aux puissants, et à provoquer de nouvelles inégalités, injustices et marginalisations.» (apic/zn/mp)
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