Tokyo: Le Japon célèbre le 450e anniversaire de l’arrivée de saint François Xavier
Tokyo, 18 août 1999 (APIC) L’arrivée de François Xavier au Japon, sur la plage de Kagoshima, le 15 août 1549, a indiscutablement marqué l’histoire complexe des relations entre l’Europe et l’Orient, et notamment le Japon. L’anniversaire du débarquement du missionnaire portugais, il y a 450 ans, a été marqué comme il se doit au Japon. D’autant que le message de saint François Xavier est plus actuel que jamais.
Lorsque François Xavier débarqua en 1542 à Goa, aujourd’hui en Inde, pour commencer sa mission, le Japon était une terre pratiquement inconnue. Qu’en est-il du christianisme au Japon, 450 ans après l’arrivée du missionnaire jésuite ?
Selon les statistiques publiées en juillet par la Conférence épiscopale du Japon, le pays compte 441’841 catholiques pour une population de plus de 125 millions d’habitants. Après quatre siècles et demi d’histoire, l’Eglise japonaise ne représente que 0,35 % de la population.
Le Père Miguel Suárez, prêtre jésuite, depuis quarante ans au Japon, et recteur du séminaire missionnaire international, considère pourtant que le message de François Xavier est plus actuel que jamais pour ce pays. «Il est évident que le Japon a changé. Mais le problème fondamental de l’homme reste le même: vaincre la mort. Beaucoup sont convaincus que tout se termine avec la mort. Si cela est vrai, si Dieu n’existe pas, le vrai amour n’existe pas et le bonheur consiste à passer le mieux possible les quelques jours qui nous restent. C’est de cela dont parlaient les religieux bouddhistes que François Xavier rencontra à son arrivée, et c’est de cela dont les gens parlent encore aujourd’hui, quatre siècles plus tard, en dépit des progrès de la science».
Le Père Suárez explique que «lorsque François Xavier est arrivé au Japon il a été soumis à un examen impressionnant. La curiosité est la caractéristique des japonais, de ceux d’aujourd’hui comme de ceux de l’époque. Et la curiosité est le commencement de la sagesse. Les japonais regardaient François Xavier comme s’il s’agissait d’un animal rare, mais ils examinaient surtout son message. ’C’est vrai ce qu’il dit de ce Jésus-Christ ressuscité des morts?’ Aujourd’hui, les choses n’ont pas beaucoup changé. Je crois qu’il est plus important que jamais que quelqu’un dise aux japonais: ’A quoi cela te sert-il de gagner le monde si tu perds ton âme?’ A quoi te servent l’industrie, le progrès, la technologie, si tu meurs désespéré? Pour l’Eglise japonaise, il est plus important de continuer à annoncer l’Evangile que de faire des interventions de type social. Sans la foi, la charité devient de l’humanisme vide».
Les missionnaires de demain
Parlant de ses séminaristes – ils sont actuellement trente-, les futurs missionnaires du Japon, le Père Suárez considère «qu’au niveau personnel, ils doivent témoigner de la vérité de la prédication par leur vie. Les japonais sont très intuitifs et concrets: ils te mettent à l’épreuve. C’est normal, car l’épreuve est la seule manière de vérifier si quelque chose est vrai. C’est aussi ce qui arriva à François Xavier. Un samouraï lui cracha au visage mais il ne broncha pas. Le samouraï se convertit. Il avait découvert que le pardon des offenses et l’amour des ennemis étaient possibles, et que cela n’existait que dans le christianisme. C’est ce qui se passa aussi avec les martyrs. L’Eglise a été persécutée pendant 250 ans au Japon. Il ne restait plus un seul prêtre. Mais lorsque les missionnaires français parvinrent à entrer de nouveau dans le pays, à la fin du siècle dernier, ils découvrirent des chrétiens à Nagasaki. Ils s’étaient transmis la foi de pères en fils, malgré la terrible persécution». (apic/zenit/pr)
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