Le refus de l’Eglise de publier un terrible
rapport de la Commission à l’origine de la décision
Harare, 19 août 1999 (APIC) Mike Auret, qui a travaillé pendant 21 ans pour la Commission «Justice et Paix» (CCJO), de la Conférence des évêques du Zimbabwe, et l’un des défenseurs des droits de l’homme les plus connus dans le pays a démissionné de son poste de directeur exécutif de la CCJO. Le refus de l’Eglise catholique de publier un rapport établi par la CCJP et la Fondation des ressources juridiques, une petite association de défense des droits de la personne, sur des atrocités commises par l’armée dans les années 80 est à l’origine de sa décision.
Le rapport «Breaking the silence… Building True Peace» (Rompre le silence, construire une paix authentique), dresse le bilan des atrocités perpétrées par une brigade de l’armée dans le cadre d’une campagne contre les guérilleros dissidents dans la province méridionale du Matabélé.
En juin 1997, la Conférence épiscopale du Zimbabwe avait cependant jugé prématuré de publier le rapport, malgré la divulgation de ce document confidentiel à un journal sud-africain, qui en avait donné des extraits, et sa diffusion grâce au réseau Internet. Le rapport a été ultérieurement publié par la Fondation des ressources juridiques.
«Malheureusement les évêques se sont prononcés contre la publication du rapport et ils ont décidé de le présenter d’abord au président Robert Mugabe et d’attendre ses commentaires», a confié Mike Auret à l’Agence ENI, qui rapporte aujourd’hui la nouvelle.
«A ce jour, le président n’a pas répondu malgré 60 appels téléphoniques, quatre lettres de la Conférence épiscopale et une de la CCJP. Aussi, le rapport n’est toujours pas publié par l’Eglise.»
Une manière de cacher la vérité
Pour moi, «c’est cacher la vérité, c’est la dissimuler. Même si le rapport a été publié par la Fondation, il aurait eu plus de poids si les évêques s’étaient associés à sa publication.»
Pour Mike Auret, publier et diffuser le rapport aurait aidé à apaiser les souffrances des milliers de civils atteints psychologiquement et physiquement par cette guerre civile. Le processus aurait en outre facilité la recherche de fonds auprès de donateurs et permis ainsi la réadaptation des victimes de guerre. (apic/eni/pr)
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