Etats-Unis: Vers la pleine communion entre luthériens et épiscopaliens (anglicans)
Denver, 20 août 1999 (APIC) Après trois jours de débats passionnés mais courtois, l’Eglise Evangélique Luthérienne d’Amérique, qui compte plus de cinq millions de fidèles aux Etats-Unis, a approuvé, à une large majorité, un document qui ouvre la voie à la pleine communion avec l’Eglise Episcopalienne, c’est-à-dire avec les quelque cinq millions d’anglicans américains.
Il s’agit de la plus grande initiative de rapprochement œcuménique de l’histoire des Etats-Unis. On espère aujourd’hui que le vote luthérien sera confirmé, l’été prochain, par un vote épiscopalien analogue.
Le document intitulé « Appelé à une mission commune » a été approuvé par 69,3 % des 1033 votants de l’assemblée générale de l’ »Evangelical Lutheran Chuch in America », réunie à Denver (Colorado) depuis le 16 août. Le message adopté est une proposition renouvelée d’accord avec l’Eglise épiscopalienne. Un premier texte avait été proposé à l’assemblée luthérienne en 1997, mais il avait manqué six voix pour obtenir le quorum des deux tiers nécessaire à son acceptation.
De son côté, l’Eglise Episcopalienne a approuvé en juillet déjà lors de sa Convention générale un premier accord de base avec les luthériens. Il s’agira, l’été prochain, de se prononcer sur le texte révisé voté par les luthériens à Denver.
Un premier noeud tranché
Le point le plus controversé de l’accord concerne le ministère ordonné, et plus particulièrement l’épiscopat dit « historique ». Il est demandé aux luthériens de rejoindre sur ce point les épiscopaliens dans leur souci de préserver la continuité dans la transmission du ministère par les évêques à leurs successeurs, comme signe de la fidélité ecclésiale à travers les âges, jusqu’à l’Eglise fondée sur le ministère des apôtres.
Si l’assemblée de Denver s’est largement ralliée à cette perspective, cette vision est cependant très neuve pour les luthériens américains. Un tiers des délégués et des pasteurs votants n’ont pas souscrit à la proposition au vu surtout des conséquences concrètes de l’accord. Une fois ratifié par les deux Eglises, le texte prévoit notamment qu’aucun nouvel évêque luthérien ne pourra être ordonné aux Etats-Unis sans la participation conjointe de trois évêques luthériens et de trois évêques épiscopaliens. De même aucun pasteur luthérien ne pourra être ordonné par des ministres qui ne seraient pas évêques. Quant aux évêques et aux pasteurs actuels de l’Eglise luthérienne, sa partenaire épiscopalienne est prête à les reconnaître comme des ministres qui aspirent à être intégrés à l’épiscopat historique.
Formalisme? « Le plus grand cadeau que nous puissions nous offrir mutuellement est de promouvoir un épiscopat qui soit à la fois évangélique et historique. L’enjeu ne concerne pas seulement nos relations avec l’Eglise épiscopalienne, mais notre témoignage chrétien dans le monde », souligne un évêque luthérien.
Le président des luthériens américains est conscient que la communion ecclésiale profonde ne se décrète pas à la majorité parlementaire. Il a donc supplié les fidèles déjà ouverts à l’Eglise épiscopalienne de rester attentifs aux objections et aux craintes de ceux qui demeurent réticents: c’est-à-dire le tiers des votants!
C’est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis qu’un pont est jeté entre deux Eglises aux conceptions d’organisation aussi diverses. Le vote luthérien pourrait ouvrir les yeux d’autres Eglises pour les amener à reconsidérer l’importance de l’épiscopat historique, estiment les observateurs anglicans. (apic/cip/mp)
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