Une exposition relate l’histoire

Lausanne: Chronique de 125 ans de l’Eglise protestante de Suisse romande en Afrique

des pionniers missionnaires en Afrique australe

Lausanne, 23 août 1999 (APIC) Le 28 avril 1874, il y a 125 ans, l’Eglise libre vaudoise décidait de créer une mission au Transvaal en réponse à l’appel d’Ernest Creux et Paul Berthoud: « Sous les tropiques comme sur les glaces du Nord; nous sommes prêts à nous mettre en marche… par la grâce de Dieu, sans aucune hésitation. » De nombreux autres ont suivi: médecins, artisans, enseignantes, infirmières, scientifiques, évangélistes ou ethnologues. L’histoire de leur rencontre avec l’Afrique est exposée jusqu’au 4 septembre au Forum de l’Hôtel-de-Ville de Lausanne.

« Nos surprenants ancêtres »… Tel est le titre choisi pour la présentation d’une surprenante histoire. Depuis le 19 août et jusqu’au 4 septembre, le Forum de l’Hôtel-de-Ville de Lausanne (Place de la Palud) accueille une exposition retraçant les 125 ans d’activités de la Mission entreprise par les Eglises protestantes de Suisse romande en Afrique australe. Suivant un parcours plus ou moins chronologique d’un panneau à l’autre, le visiteur découvre les élans, les réalisations, les convictions et les difficultés de ces hommes et ces femmes qui ont oeuvré dans l’Afrique du 19e siècle alors méconnue.

De nombreux textes apportent des explications agrémentés de photographies et autres illustrations. Plusieurs vitrines présentent des objets traditionnels africains tirés des collections du Département missionnaire ou du Musée ethnographique de Neuchâtel, ainsi que des instruments médicaux d’époque. En effet, certains panneaux sont centrés sur des thèmes tels que la scolarisation, l’alphabétisation, les missions médicales, notamment les progrès de l’hygiénisme à la fin du XIXe siècle, qui doivent beaucoup à l’expérience des missionnaires.

« L’exposition se propose d’être un moyen de raconter une histoire partagée, mais aussi un prétexte au bilan dans un esprit d’avenir », expliquent les organisateurs. Les thèmes concernant la mission de départ, la mobilité, la rencontre des cultures, les charismes sont évoqués dans le contexte de la colonisation des pays africains, de leur accès à l’indépendance et de l’apartheid. L’influence d’un siècle marqué par les découvertes innombrables transparaît au cours de cette évolution, qui va des premières conférences missionnaires à l’actuelle Communauté évangélique d’action apostolique (CEVAA).

Impressionnante activité

Les hommes et femmes qui ont reçu cette vocation de transmettre l’Evangile hors des frontières helvétiques furent appuyés par l’Eglise libre qui s’était formée quelques années plus tôt dans le canton de Vaud par la séparation de l’Eglise nationale vaudoise. Ils avaient entendu parler de ce que la Mission évangélique de Paris réalisait au Lesotho depuis 1871 et se sentaient mus par un appel de Dieu qu’ils avaient perçu depuis la création des « écoles du dimanche ». Ils trouvèrent, à leur arrivée en Afrique d’autres chrétiens venus du Lesotho qui prêchaient en voyageant. Ensemble, ils fondèrent des « stations », des communautés des hôpitaux. Ils furent ainsi à la base de ce qui constitue aujourd’hui l’Eglise évangélique presbytérienne en Afrique de Sud et l’Eglise presbytérienne au Mozambique.

Dès 1874, de nombreuses activités sont organisées pour soutenir cet élan missionnaire de l’Eglise. Parmi ces activités, on recense l’impression de livres traduits par les pionniers tels que le Buku (la Bible) en tsonga, en ronga, en tshwa ainsi que de nombreux ouvrages de grammaire, recueils de chants et de contes. Ils éditèrent aussi la revue trimestrielle de la mission romande, des albums de photos pour informer les paroissiens en Suisse, et publieront même des disques 78 tours. En Afrique même, l’évangélisation au sein du peuple des Tsongas, toujours en négociation avec ses chefs traditionnels et avec l’autorité coloniale, se déploya dans divers secteurs (enseignement, hygiène), que l’exposition présente également.

Des gens curieux

Les missionnaires furent souvent des gens curieux de la culture et de l’environnement rencontrés en l’Afrique, et développèrent des compétences de géographes, de naturalistes, d’anthropologues. Henri-Alexandre Junod, l’un des plus prestigieux d’entre eux, tout en étudiant la culture ronga, effectua d’importants travaux d’anthropologie et de sciences naturelles. Il rapporta d’innombrables échantillons de flore et de faune du Mozambique, dont quelques herbiers et collections d’insectes sont exposés au Forum.

L’exposition est ouverte du lundi au vendredi de 10h. à 18 h.30, samedi de 8h. à 17h. et dimanche de 10h30 à 14h. (apic/spp/pr)

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