Brésil: Les évêques passent en revue les défis du moment

«Soumettre le politique et l’économie à l’éthique»

Brasilia, 29 août 1999 (APIC) Le Conseil permanent de l’épiscopat brésilien, réuni du 24 au 27 août à Brasilia, a publié un document sur «Les défis et les espérances du moment présent». Les évêques estiment qu’ils se doivent d’interpeller la société brésilienne à un moment où «affleurent de multiples insatisfactions, qui se généralisent dans le pays».

La prise de position de l’épiscopat commence par un rappel de la surprise générale au Brésil devant le jugement des deux accusés du massacre d’Eldorado dos Carajas. Les évêques espèrent «que la Justice réexaminera les faits et que les auteurs et responsables de ces crimes ne resteront pas impunis».«

Le manque d’emploi reste un des plus graves problèmes de la société, relèvent les évêques. Il touche un nombre croissant de familles, entraîne des drames dans bien des régions, et «se transforme de manière insupportable en violence, qui s’installe dans nos villes et dans nos campagnes».

Mais s’y ajoutent hélas «de nouvelles formes de corruption, avec des mécanismes de plus en plus sophistiqués, découlant, selon les évêques, d’une dangereuse promiscuité entre le secteur public et le secteur privé». Or, s’indignent-ils, «si les dénonciations se multiplient, elles aboutissent rarement à sanctionner les auteurs des grands détournements de fonds publics».

Les évêques constatent encore que «la privatisation des entreprises d’Etat, quoique parfois justifiée, affecte le patrimoine national, sans apporter les bénéfices sociaux annoncés». Ce qui contribue encore à alourdir la dette publique.

S’appuyant sur diverses études, les évêques s’inquiètent de «l’aggravation des conditions de vie et de l’augmentation inacceptable de la concentration de la richesse». Ils réclament donc un débat public pour poursuivre avec plus d’efficacité le combat contre la pauvreté.

Réagissant aux manifestations et mobilisations qui se sont multipliées ces derniers jours, le Conseil permanent de l’épiscopat invitent chacun à en entendre le «signal d’alarme», tout en souhaitant que l’insatisfaction continue à s’exprimer sans violence et dans le respect des institutions démocratiques.

L’éthique d’abord

Le Brésil se trouve actuellement replongé dans une «grave crise», qui rend encore plus urgent le devoir de «soumettre le politique à l’éthique», soulignent les évêques. C’est dans cette ligne, relèvent-ils, que s’inscrit la pétition pour une «loi contre la corruption électorale», pétition signée par deux millions de citoyens, et dont les évêques espèrent que le Congrès national tiendra compte pour être à la hauteur des «attentes de la société brésilienne».

L’économie aussi «doit être subordonnée à l’éthique», poursuivent les évêques. C’est pourquoi, «il s’impose de rompre avec la domination de la logique du marché» et avec «un type de globalisation commandé par les intérêts financiers, qui profite à quelques-uns mais exclut le plus grand nombre».

Les évêques tiennent à «valoriser et à stimuler une éthique de la solidarité», dont ils apprécient déjà la présence dans «un très grand nombre de pratiques populaires, qui résistent aux ravages actuels de l’économie et de la politique, et qui créent des alternatives pour une société nouvelle». (apic/cip/pr)

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