Évangile de dimanche: la patience de Dieu… chaque jour un commencement

L’année liturgique bascule dans deux semaines, comme si un nouveau chemin commençait à poindre à l’horizon! Ce sera le Temps de l’Avent. A la fois des signes de la «Fin» et en même temps l’ouverture à l’accomplissement d’une vie nouvelle.

Comment s’y préparer? Comment vivre ce «déjà là» et ce «pas encore»? Comment nos communautés d’Église nous aident à creuser le sens profond de cette Bonne Nouvelle dans le mystère de nos vies. Alors, que nous révèle la Parole aujourd’hui?

Est-ce de la peur, entretenant ainsi l’angoisse alimentée par les conflits et toutes sortes de phénomènes de violence et de mort autour de nous ? Ou bien, ne voir que la perspective d’un châtiment au bout du chemin à l’égard des pécheurs que nous sommes ? Est-ce bien là l’intention unique de cette Parole de vie qui nous est donnée depuis l’origine de notre humanité…?

« Les épreuves sont l’expression de ce qui constitue notre humanité depuis l’origine »

Non, cette Parole n’est en rien une vision programmée des fins dernières qui nous attend. Ce n’est pas une projection de la fin du monde et ceux qui l’annoncent sont des imposteurs. Jésus est clair à ce sujet «prenez garde, ne les suivez pas…» Ce passage nous dit autre chose en nous ouvrant un chemin.

Il n’y a pas de relation entre les persécutions, les catastrophes et la fin dernière. Lorsque le prophète Malachie dit «Voici le Jour du Seigneur», il rappelle combien nous devons chercher à vivre dans cet «Aujourd’hui de Dieu», l’annoncer, le proclamer et l’attendre. Les épreuves décrites ne sont pas une caractéristique des derniers temps mais l’expression de ce qui constitue notre humanité depuis l’origine. L’actualité est loin de nous le démentir.

« Dieu est présent au cœur de nos réalités aussi contrariées soient-elles… »

Cette démarche de foi, ce chemin nous aide à tenir ensemble le tragique de nos existences et la certitude d’une présence. Là est le mystère de notre vie de foi. Là est probablement la difficulté la plus grande pour vivre tout cela au quotidien: reconnaître à temps et à contre-temps combien Dieu est présent au cœur de nos réalités aussi contrariées soient-elles.

Parce que Jésus a vécu ce tragique de nos existences tout en affirmant la certitude de la Présence du Père sur son chemin vers Jérusalem, sa Parole «…pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous gagnerez la vie», nous rejoint au plus profond de nous-mêmes. Oui, ses Paroles et le contexte nous rappellent étrangement sa réponse proclamée chez saint Jean: «détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai» que nous avons méditer dimanche dernier (Jn 2, 19). Nous sommes toujours dans la même cohérence de la foi.

« … Chaque jour je commence car chaque jour est à lui seul une vie… »

Devant tout cela nous pourrions nous dire: quel abîme entre la fidélité de Dieu et la nôtre? Et pourtant, c’est là que nous sommes appelés à vivre notre chemin de chrétien; reconnaître chaque jour comme un commencement et un appel à ne pas s’arrêter en cours de route, au bord du chemin, quand bien même celui-ci peut paraître rocailleux, ardu, que le brouillard s’épaissit, que s’écroule autour de nous les repères auxquels nous tenions le plus. Tenir bon au quotidien, c’est la persévérance au cœur des épreuves.

J’aime me rappeler cette pensée de l’un de mes frères dominicains décédé, Ambroise-Marie Carré: «Chaque jour je commence car chaque jour est à lui seul une vie». Demandons à Dieu dont la patience est incommensurable, de nous aider à grandir dans notre constance, de tenir bon et de vivre chaque jour, avec lui, comme un commencement.  

Frère Michel Fontaine OP | Vendredi 14 novembre 2025


Lc 21, 5-19

En ce temps-là,
    comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
Jésus leur déclara :
    « Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
    Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
    Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : ›C’est moi’,
ou encore : ›Le moment est tout proche.’
Ne marchez pas derrière eux !
    Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
    Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
    Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel.

    Mais avant tout cela,
on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
    Cela vous amènera à rendre témoignage.
    Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
    C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront
ni résister ni s’opposer.
    Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
    Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
    Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
    C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

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