Liban: L’éducation religieuse devrait redevenir obligatoire dans les écoles publiques
Beyrouth, 2 juillet 1999 (APIC) L’éducation religieuse devrait redevenir obligatoire au programme des écoles publiques du Liban, répondant ainsi au vœu commun des autorités religieuses chrétiennes et musulmanes qui ont fait campagne pour cette réintroduction.
Selon le ministre libanais de l’Education nationale, Mohammed Youssef Beydoun, les cours de religion devraient redevenir branches obligatoires. La décision est tombée après une conférence des représentants des 18 communautés religieuses reconnues dans le « Pays des Cèdres ». 8 communautés religieuses se sont déclarées prêtes à commencer dès maintenant la préparation du matériel didactique nécessaire.
D’après le ministre de l’éducation, l’enseignement religieux islamique contiendra également des informations sur le christianisme, la réciprocité étant également prévue du côté chrétien. En raison des préparations nécessaires, ces cours ne devraient pas commencer avant deux ans.
Le parti druze PSP hostile
Contrairement aux communautés religieuses musulmanes et chrétiennes, le Parti socialiste progressiste (PSP) du druze Walid Joumblatt y est hostile. A l’issue d’une réunion de son Conseil de commandement, sous la présidence de W. Joumblatt, le PSP estime que « tout en respectant les valeurs communes aux religions révélées, il considère que l’éducation religieuse dans les écoles publiques contribuera au renforcement du sentiment confessionnel et communautaire, en raison de la structure communautariste de la vie publique au Liban ».
Cette éducation religieuse, estime le PSP, devrait être donnée dans les lieux de culte, quitte à ce que l’enseignement des valeurs spirituelles et religieuses soit inculqué à travers des matières comme l’éducation civique ou l’histoire.
Le chef chiite Mohammed Mehdi Chamseddine contre l’éducation sexuelle à l’école
Le président du Conseil supérieur chiite, cheikh Mohammed Mehdi Chamseddine, a pour sa part emboîté le pas du parti islamiste « Hezbollah », qui fait campagne pour éliminer l’éducation sexuelle des nouveaux programmes scolaires établis par le Centre national de recherche et de développement pédagogique (CNRDP) du Liban.
Dans une lettre adressée au chef du gouvernement et au ministre de l’Education nationale, cheikh Chamseddine écrit que les cours d’éducation sexuelle prévus au programme de la classe de 5e « contiennent des informations de nature à affaiblir l’immunité psychologique et morale », acquis essentiels, selon lui, pour la pratique de la chasteté, rapporte pour sa part le quotidien libanais « L’Orient-Le Jour » dans son édition de vendredi. Ces sujets, ajoute cheikh Chamseddine, menacent le système de valeurs sur lequel repose la société libanaise, qui s’inspire autant de l’islam que du christianisme. (apic/kna/orj/be)
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