Roumanie: Effets positifs de la visite du pape auprès de l’Eglise orthodoxe
Rome, 2 juillet 1999 (APIC) La visite de Jean Paul II en Roumanie a créé un climat de plus grande confiance et de respect réciproque, estime dans une interview accordée à l’APIC Mgr Francesco Pio Tamburrino, chargé de représenter le pape lors des réunions de la Commission mixte de dialogue entre les évêques gréco-catholiques et orthodoxes roumains.
Créée en octobre 1998, cette Commission s’est réunie à trois reprises déjà: le 28 octobre 1998, le 28 janvier 1999, et le 10 juin dernier, soit un mois après la visite de Jean Paul II à Bucarest.
Cette visite a eu un effet «pacifiant», constate Mgr Francesco Pio Tamburrino, au terme de la rencontre du 10 juin entre les neuf évêques orthodoxes et les six évêques gréco-catholiques de la Commission mixte. L’archevêque a remarqué un climat «plus serein» que les deux fois précédentes, d’autant plus que les participants se connaissent bien maintenant, et que la rencontre avait lieu dans un monastère – orthodoxe -, celui de Ramet, dans la région d’Alba Iulia.
La session du 10 juin a commencé par une «évaluation» de la visite du pape, explique Mgr Tamburrino, au cours de laquelle tous les évêques ont reconnu qu’elle avait favorisé la réconciliation entre les deux Eglises. «Les évêques orthodoxes ont été frappés par la dimension spirituelle de Jean Paul II», souligne l’archevêque, «et aussi par sa simplicité et son humilité, qui sont apparues particulièrement à travers sa maladie». Pour l’archevêque, cette maladie même a appelé de la part de la hiérarchie orthodoxe qui l’a accueilli avec «plus de charité». Mgr Tamburrino précise par ailleurs que les évêques orthodoxes ont pris note de l’accueil enthousiaste du peuple roumain dans son ensemble, et de son désir d’unité. «Je n’ai senti aucun moment de tension au cours de cette troisième réunion», assure-t-il.
Dialogue encore délicat
Le dialogue entre les deux Eglises reste cependant très «délicat», tempère cependant Mgr Tamburrino, cela dans la mesure où la question de la restitution des biens des gréco-catholiques – passés à l’Eglise orthodoxe en 1948, alors que l’Eglise gréco-catholique était supprimée par le régime communiste jusqu’en 1989 – n’est pas seulement un problème de justice matérielle, mais a des répercussions sur le passage de communautés entières de l’une à l’autre des Eglises. «C’est là le vrai problème», explique l’archevêque, «face auquel il faut dialoguer dans le respect des lois de l’oecuménisme, en refusant toute attitude de prosélytisme des deux côtés, qui chercherait à accaparer les fidèles à travers des avantages matériels».
Il faut donc laisser aux fidèles la liberté d’aller vers la communauté de leur choix, relève-t-il. «Pour cela, il faut chercher des solutions au niveau des communautés locales», précise-t-il, «chacune devant discerner comment mettre à la disposition des fidèles les édifices dont ils ont besoin».
La prochaine rencontre de la Commission mixte a été fixée au 4 novembre 1999, et devrait se dérouler cette fois au siège épiscopal gréco-catholique de Oradea, au nord-ouest de la Roumanie. Par ailleurs, le patriarche roumain Teoctist envisage de venir à Rome pour rendre à Jean Paul II sa visite. «Il veut exprimer sa reconnaissance et son amitié fraternelle au pape», assure Mgr Tamburrino, qui a rencontré le patriarche au mois de juin. (apic/imed/pr)
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