Tamil Nadu: Les violences contre les catholiques de Madurai inquiètent même les autorités
Madurai, 2 juillet 1999 (APIC) Les violences répétées contre les communautés chrétiennes de Madurai, perturbent profondément les chrétiens de cette ville du sud de l’Inde. Les responsables de l’Eglise et le gouvernement pensent que cette violence est délibérée. Et qu’elle a pour but de diviser catholiques et hindous au sein de cette antique cité vieille de 2’600 ans. Pourtant, l’archevêque catholique de Madurai affirme avoir confiance en l’esprit de tolérance des hindous.
Le dernier incident en date a été l’agression d’un prêtre de 72 ans par des hommes masqués. Le 8 mars, le P. Susai Michael Durai Raj s’entretenait avec un couple quand il a été agressé à l’intérieur du presbytère. Il a été sérieusement blessé et a dû être hospitalisé. Le tabernacle de la paroisse St Joseph, à Gnanaolivupuram, a été fracturé et les hosties piétinées, ce qui a provoqué les protestations des catholiques. Déjà, l’an dernier, des inconnus avaient profané un tabernacle, et les troncs de toutes les églises avaient été pillés. Mgr Marianus Arockiasamy, archevêque de Madurai, qui reconnaît l’augmentation de groupes militants pro-hindous dans le diocèse, refuse pourtant de s’en inquiéter, «parce que les hindous qui sont ici sont très tolérants et compréhensifs».
Les propos de l’archevêque n’apaisent cependant pas les craintes du Père Francis Borgia, vicaire à la paroisse de Gnanaolivupuram: les paroissiens «s’inquiètent» de voir la montée du nationalisme hindou mettre en question leur foi et menacer la paix dans leur région.
Selon le commissaire adjoint de Madurai, Sakthi Velu, «ces incidents révèlent des motivations cachées et sont délibérément provoqués pour insulter les catholiques». Il déclare qu’il assurera la protection de l’église de Gnanaolivupuram pendant deux semaines et a promis de restaurer la paix dans la région. La police, a-t-il dit, a relevé des empreintes digitales sur le tabernacle qui pourront permettre l’arrestation rapide des coupables. La profanation du tabernacle a bouleversé les paroissiens qui ont demandé une action immédiate et effective pour contrer cette violence. (apic/eda/pr)
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