Motif invoqué: «La violence gouvernementale se poursuit»
Djakarta, 4 juillet 1999 (APIC) Le Père Ignace Sandyawan Sumardi, un jésuite indonésien de 41 ans, directeur du «Djakarta Social Institute» et président de l’association humanitaire «Volontaires pour l’humanité», a refusé un Prix offert par le gouvernement indonésien à l’occasion de la Journée de la solidarité sociale.
Dans une lettre adressée au président Bacharuddin Jusuf Habibie, il justifie son refus d’accepter le Prix: «La violence exercée contre des civils innocents par des fonctionnaires gouvernementaux se poursuit sans trêve et de manière systématique, et en particulier à Aceh, au Nord de Sumatra et à Timor Oriental «.
Le président Habibie, en mai 1998, avait écrit au pape en lui demandant la révocation du statut de prêtre catholique pour le Père Sumardi. Le président indonésien l’accusait alors de «péchés politiques». Il reprochait entre autres au jésuite l’appui qu’il donnait aux personnes opposées au régime et aux étudiants en grève.
«En m’attribuant son Prix, a déclaré le Père Sumardi, le gouvernement recherche ses propres intérêts. Il regrette certes ses maladresses dans l’affaire de la lettre adressée à Jean Paul II, mais le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine est de beaucoup prioritaire».
Pour aider les victimes de la violence militaire, le Père Sumardi a fondé en 1996 «Volontaires pour l’Humanité «, qui compte déjà trois martyrs. En mai 1998, deux membres du groupe, Ita Marthadinata et Bellarmine Norma Irmawanà, ont été tués pendant qu’ils prêtaient assistance aux étudiants. Et en avril dernier, Manuel Carrascalao a été tué lors des combats de Timor Oriental, à Dili. «
Le Père jésuite espère qu’après les élections nationales le pays changera. «L’Indonésie, explique-t-il, souffre encore trop d’un déséquilibre entre le centre et les régions périphériques. Le gouvernement a fait de la politique d’appareil son seul et unique critère. Il s’est servi des conflits ethniques et religieux pour poursuivre ses propres buts, en détruisant l’originalité des cultures locales et en créant tout exprès la haine entre les communautés indigènes «. Quant à l’action de l’Eglise catholique, il demande qu’elle soit plus courageuse : «Je me sens coupable quand mon Eglise se tait sur ces faits ou quand elle sympathise avec les pouvoirs forts. Je crois qu’elle devrait s’en détacher et se mettre du côté les communautés ecclésiales de base. Pour être fidèle à ce qui fait son essentiel: sa foi au Christ libérateur». (apic/cip/ba)
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