Thèse de doctorat en théologie d’un prêtre orthodoxe

Louvain: Comment un évêque de Turquie voyait le Christ au VIe siècle?

Louvain-la-Neuve, 5 juillet 1999 (APIC) Comment un évêque de Turquie voyait le Christ au VIe siècle? A question originale, thèse originale. C’est celle que vient de défendre un prêtre orthodoxe de l’Inde, à l’Université catholique de Louvain (UCL).

L’étude des penseurs chrétiens des premiers siècles est précieuse pour saisir les compréhensions diverses de la personne du Christ en Orient et en Occident. C’est ainsi qu’un prêtre orthodoxe de l’Etat du Kérala, en Inde, le Père Johns Abraham Konat, a défendu le 29 juin à l’UCL, une thèse consacrée à un évêque de Turquie du VIe siècle, Jacques de Saroug.

Originaire de Pampakuda, le Père J. Abraham Konat appartient à l’Eglise malankare orthodoxe syrienne en Inde. On y célèbre le culte en langue syriaque, cousine de l’araméen qui fut la langue maternelle de Jésus. La recherche du doctorand s’est portée plus particulièrement sur les homélies en vers de Jacques de Saroug (451-521), qui fut évêque de Batnan en Turquie et écrivait en syriaque.

Dans un certain nombre d’homélies, Jacques de Saroug se réfère à différentes figures de l’Ancien Testament, dans lesquelles il voit des figures types que le Christ récapitulera en sa personne et conduira à leur accomplissement. Il en va ainsi des figures d’Adam l’humain de souche, d’Abel le juste, de Melchisédech le prêtre, de Jacob l’élu, de Moïse le guide, ainsi que de plusieurs prophètes.

La mise en relation de personnages ou d’institutions de l’Ancien Testament avec d’autres du Nouveau Testament a souvent été utilisée comme méthode de réflexion théologique par les Pères de l’Eglise. Jacques de Saroug n’en est pas l’inventeur, mais le procédé lui est cher.

Le premier travail du doctorand a été de déterminer ses sources et de choisir une cinquantaine d’homélies métriques ou «Memré» où Jacques de Saroug aborde l’Ancien Testament.

La «typologie» avant tout

Il s’est ensuite attaché à qualifier le type d’exégèse pratiquée par cet évêque de Turquie. Au-delà du sens littéral du texte biblique auquel il est attentif, Jacques de Saroug a misé sur la «typologie» pour mieux mettre en évidence le sens spirituel d’une christologie légitime, où «Christ est Fils de Dieu avant tout». «Dans l’incarnation, le Fils est devenu sans changement homme parfait pour sauver le monde». Jacques de Saroug, bien que «non chalcédonien», lui paraît proche de Cyrille d’Alexandrie, qui estimait qu’après l’union de la divinité et de l’humanité dans le Christ, on ne peut plus parler que d’une seule nature du Verbe incarné. Il n’y a cependant chez Jacques, ajoute-t-il, «aucune marque de monophysisme».

Cette dissertation doctorale, menée sous la direction conjointe des professeurs Jean-Marie van Cangh et Andrea Schmidt, a valu au Père Johns Abraham Konat la grande distinction. Il sera proclamé docteur en théologie après publication au moins partielle de sa thèse (apic/cip/pr)

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