Dans son bilan, Mgr Danneels, évoquant le travail de neuf années du mouvement sous sa présidence (1990-1999), n’a pas manqué d’évoquer les espoirs déçus des changements intervenus en Europe en 1989. «Pendant cette décennie de l’après-guerre froide, de nouvelles menaces et de nouveaux défis se sont ajoutés aux menaces et défis existants. Bien que la marginalisation politique des armes nucléaires diminue le risque d’une guerre nucléaire globale entre les grandes puissances nucléaires, le danger d’une prolifération des armes nucléaires et autres reste actuel. La situation tendue entre le Pakistan et l’Inde le prouve.» Le succès remporté contre les mines antipersonnel convainc le cardinal que l’effort ne doit pas se relâcher. Et de souligner le rôle irremplaçable des ONG qui travaillent pour prévenir la violence.
Les années 90 resteront aussi comme une décennie de guerres civiles terribles dans les Balkans. Là encore, le Forum des Jeunes de Pax Christi International, avec d’autres organisations, a initié un projet de dialogue, que le cardinal Danneels souhaite voir continuer et grandir. Lui-même s’est rendu à plusieurs reprises en ex-Yougoslavie, dans le cadre d’une «diplomatie au coup par coup» développée par Pax Christi dans les capitales de la région.
Le cardinal évoque également d’autres interventions de Pax Christi, comme en Haïti (1993), au Soudan (1994) ou encore en Amérique Centrale, l’affiliation de nouvelles organisations, les interventions du mouvement à la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies… Des efforts qui, trop souvent, n’ont pas réussi à engager la communauté internationale à intervenir.»
Développer une culture de paix
Parmi les causes des conflits locaux et régionaux, le cardinal note «l’ethno-nationalisme, la xénophobie, le racisme et la discrimination contre les groupes minoritaires, l’extrémisme religieux et les violations des droits humains», y compris «la haine dirigée contre les non-nationaux, les réfugiés, les demandeurs d’asile et les travailleurs immigrés». Dressant le bilan du travail déjà réalisé par Pax Christi dans ce domaine, il l’invite à le poursuivre en s’efforçant d’y intégrer les principes du programme de l’UNESCO, «Une culture pour la paix», le Jubilé 2000 étant une occasion idéale de le réaliser. Le renouveau spirituel et la religion organisée sont à cet égard des instruments vitaux.
Le cardinal relève à ce propos les contacts avec l’Eglise orthodoxe russe et le dialogue œcuménique et interreligieux. Dans le dialogue interreligieux, le cardinal attire l’attention sur l’importance des questions écologiques, autre préoccupation de Pax Christi. Il plaide en outre avec Jean Paul II pour «un soulagement équitable et juste de la dette internationale» et en faveur d’un moratoire pour la peine de mort. Soulignant le rôle précieux joué dans l’Eglise par Pax Christi, l’archevêque de Malines-Bruxelles affirme que Pax Christi peut jouer ce rôle de manière efficace «parce que le mouvement est indépendant et démocratique, un mouvement où le clergé, les religieux et les laïcs travaillent ensemble pour la paix et la justice.» (apic/cip/be)
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