New York: «Le Caire + 5» impose l’avortement comme droit de l’homme

Pays riches et pays pauvres divisés:

Les puissants groupes de pressions et l’argent dicte « la loi »

New York, 6 juillet 1999 (APIC) Accès plus facile à l’avortement et droit pour les mineures de se faire avorter sans le consentement des parents: ce sont là les deux principales « nouveautés » de la session spéciale de l’Assemblée des Nations Unies, qui s’est terminée le 2 juillet. Cette session était consacrée à la révision des engagements pris lors de la Conférence de l’ONU sur la population et le développement, tenue au Caire en septembre 1994.

Tout comme il y a cinq ans au Caire, New York a été témoin de la division entre les pays occidentaux et les pays en voie de développement, le Groupe des 77 (G-77). Le climat de cette session a été particulièrement tendu. Il a fallu attendre le dernier moment pour prendre connaissance du document final. Les organisateurs prévoyaient de l’approuver au début de la session mais les divergences étaient telles qu’il a fallu tenté toutes les possibilités de compromis.

Le débat le plus animé a porté sur le contrôle des naissances. Le Fonds des Nations Unies pour la Population, qui a animé la Conférence depuis le début des sessions, a mis en garde contre le danger de la « bombe démographique », même si les prévisions démographiques des Nations Unies ont montré ces dernières années que cette « bombe » a été désamorcée. Le Fonds pour la Population a proposé le droit à l’avortement pour tous les pays du monde, même ceux dont la Constitution l’interdit, et l’accès à tous les services de la « santé reproductive » qui comprennent la contraception et l’avortement à tous les adolescents.

« Droit » à l’avortement

Le Fonds de la Population a ici sans aucun doute atteint son objectif, même si certains pays ont tenu à exprimer leur opposition dans le document final. Concrètement, l’Assemblée des Nations Unies a demandé l’extension du droit à l’avortement pour les femmes, en commençant par la révision des lois nationales; l’accès au moins de 15 ans à la contraception et l’avortement, en respectant le caractère « confidentiel » de la démarche de l’adolescent, c’est-à-dire sans le consentement des parents; des programmes d’éducation sexuelle pour les adolescents, qui enseignent « un comportement sexuel responsable » et contribuent à lutter contre la diffusion du sida (concrètement, la promotion du préservatif).

De nombreux pays se sont opposés à la manière dont a été rédigé le document. L’Argentine et le Nicaragua, notamment. D’autres pays comme le Soudan et la Libye ont fini par approuver le document mais à plusieurs reprises ils ont manifesté leur désaccord concernant les paragraphes qui reflétaient à leur sens un manque de reconnaissance de la valeur de la famille et des valeurs culturelles et religieuses.

Position de l’Eglise

Le Saint-Siège a d’abord dénoncé la tentative de remettre en question les négociations du Caire en introduisant de nouveaux éléments et en supprimant toute les références au développement. Au cours du « Caire + 5 », à aucun moment il n’a été question d’éducation intégrale à tous les niveaux, et d’aide au développement, deux éléments fondamentaux pour qu’il puisse y avoir un progrès humain, le véritable objectif de la réunion.

Au cours de son intervention devant l’Assemblée plénière, le représentant du Saint-Siège aux Nations Unies à New York, Mgr Renato Martino, a dénoncé le fait que les pays occidentaux aient essayé par tous les moyens « de rompre l’équilibre fragile et nécessaire entre le besoin pour les adolescents de réserve et de confidentialité, et les droits, les devoirs et les responsabilités des parents, tels qu’ils sont affirmés dans la Déclaration des droits de l’homme ».

Le Saint-Siège s’est également opposé à l’introduction de la « contraception d’urgence », qui n’est autre qu’un avortement précoce, à travers des instruments chimiques. Pour terminer, Mgr Martino a fait remarquer que l’on enlève le droit de l’objection de conscience aux agents de la santé, dans le cas de l’avortement.

Triomphe de la bureaucratie à l’ONU

L’Assemblée plénière des Nations Unies consacrée à la révision des engagements adoptés par la Conférence du Caire sur la population et le développement, qui a eu lieu en septembre 1994 dans la capitale égyptienne, a fait ressortir un grand paradoxe: les délégations nationales présentes à la rencontre ont pris des positions différentes, voire même en contradiction avec les normes en vigueur dans leur pays.

Le Salvador et la Thaïlande ont une législation qui interdit l’avortement. Ils ont pourtant approuvé sans discuter la proposition du Fonds des Nations Unies pour la Population de faire de l’avortement un droit de l’homme.

Ce phénomène a également été constatés dans les pays industriellement développés. Aux Etats-Unis une loi interdisant l’avortement aux adolescentes sans le consentement de leurs parents a été votée mais la délégation américaine à l’ONU a défendu le droit à l’avortement sans le consentement des parents.

L’Union Européenne a appuyé les positions les plus extrémistes dans la réunion de New York qui s’est déroulée du 30 juin au 2 juillet. « La délégation de l’U.E », a expliqué Mgr Renato Martino, présente au « Caire + 5 », « est celle qui s’est engagée le plus à vouloir éliminer la responsabilité des parents dans l’éducation des adolescents et c’est l’U.E qui est à la base de la décision de ne pas respecter le droit à la liberté de conscience des agents de la santé face à l’avortement ».

Corruption

Le quotidien italien « Avvenire » a tenté de donner une explication à cette situation contradictoire. Dans le cas des pays pauvres, la réponse est simple. Etant donné qu’ils n’ont pas d’argent pour envoyer une délégation à toutes les session de l’ONU, la « International Planned Parenthood Federation » (puissante organisation non gouvernementale qui se consacre à la promotion de l’avortement et qui collabore étroitement avec le Fonds des Nations Unies pour la Population), se charge de payer les frais des délégations, qui sont logiquement supposées avoir la même ligne que cette dernière. Deux délégués slovaques l’ont innocemment avoué au « New York Times ». Selon John Klink, négociateur pour le Saint-Siège au « Caire + 5 », « dans le cas des pays africains, ceci est une coutume. Une déléguée a admis être payée 400 dollars par jour pour soutenir le programme du Fonds de la Population et de la « International Planned Parenthood Federation ».

Mais on ne peut pas appliquer cette logique au cas de l’Union Européenne. Les groupes de pression, de lobbies, exercent ici une très grande influence sur la formation des délégations qui participent à ces conférences. « Il faut savoir, explique Mgr Martino, qu’au-delà des prises de position des hommes politiques, il y a le grand pouvoir des bureaucraties qui dictent les lignes à suivre ».

Le problème semble suffisamment clair. « Ces bureaucrates », a expliqué Mgr Martino à l’ »Avvenire », agissent sans aucun mandat du peuple et n’ont de comptes à rendre à personne, sinon aux groupes de pression qui les ont nommés ». (apic/zenit/pr)

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