Pressions des milieux de l’Eglise auprès du gouvernement

Venezuela: Vide juridique en matière de protection des réfugiés colombiens

Caracas, 8 juillet 1999 (APIC) Pays membre des Nations Unies qui a déjà ratifié un nombre important de conventions internationales, le Venezuela n’a pourtant pas de lois concernant les réfugiés. « Les réfugiés ne doivent pas être livrés aux décisions arbitraires des autorités civiles ou militaires. Il est urgent de ratifier une loi qui protège les réfugiés », estime aujourd’hui le père Raul Gonzalez, jésuite, coordinateur national du Service jésuite des réfugiés (JRS) au Venezuela.

Le religieux, qui lance un appel pour qu’une loi garantissant les droits des réfugiés soit rapidement votée, mentionne un incident qui s’est produit voilà trois semaines environ: quelque 1’500 Colombiens réfugiés au Venezuela ont été attaqués par des paramilitaires et, par peur de ces milices armées, sont rentrées « volontairement » dans leur pays. Alors que le non-rapatriement fait partie des droits garantis par la Convention de Genève !

Le père Gonzalez demande au gouvernement, en attendant le vote d’une loi, d’accorder l’asile temporaire aux Colombiens qui franchissent la frontière, et de les protéger des escadrons de la mort qui les attaquent.

Dans son dernier bulletin, daté du 30 juin, le Service Jésuite aux Réfugiés (JRS) confirme que les autorités vénézuéliennes ont récemment fait pression sur des réfugiés colombiens pour qu’ils rentrent au pays, fût-ce au péril de leur vie. Cet état de fait a déjà été dénoncé par l’organisation « Human Rights Watch » (HRW). Récemment, plus de 600 réfugiés ont fui vers le Venezuela suite à une offensive menée par les paramilitaires dans la région de Catatumbo en Colombie.

Des observateurs internationaux ont recueilli les témoignages d’une centaine de personnes qui ont déclaré craindre pour leur vie et qui ont fait la demande du statut de réfugié. Ils n’ont pourtant pas pu rencontrer les officiels du HCR ni aucun représentants d’agence humanitaire. Le colonel de l’armée responsable du secteur de Catatumbo a pu parler avec les demandeurs d’asile. Il aurait cherché à les intimider. Ces renseignements ont été donnés par « Human Rights Watch ».

Le JRS Venezuela a souvent demandé la mise en place d’une législation. La Colombie et le Venezuela ont pourtant signé la Convention de Genève et le dernier protocole sur l’interdiction du refoulement. (apic/cip/pr)

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