Colombie: L’épiscopat, en session, mise sur une évangélisation «efficace»

La politique économique du gouvernement mise en cause

Bogota, 11 juillet 1999 (APIC) Réunie depuis mardi,la 67e assemblée plénière de la Conférence épiscopale de Colombie, après avoir réélu Mgr Alberto Giraldo Jaramillo à sa présidence, va consacrer les trois dernières journées de sa session au gros morceau de son programme: sa réorganisation en vue d’affronter les défis de l’évangélisation du troisième millénaire, conformément aux voeux du pape.

La nouvelle équipe appelée à diriger la Conférence épiscopale comprendra, outre Mgr Giraldo, archevêque de Medellin, Mgr Victor Manuel Lopez, archevêque de Bucaramanga, et Mgr Fernando Sabogal Viana, évêque auxiliaire de Bogota, respectivement vice-président et secrétaire général, qui en sont tous deux à leur premier mandat.

Jusqu’à dimanche, les septante évêques présents vont s’atteler à deux gros dossier : la restructuration de la Conférence épiscopale et la mission de l’Eglise dans le conflit qui perdure entre le gouvernement et la guérilla.

Dans le premier dossier, il s’agit pour les évêques de tenir compte des directives contenues dans la récente lettre de Jean Paul II  » Apostolos suos  » sur la nature juridique et théologique des Conférences épiscopales (21 mai 1999). Ce texte indique que peuvent être soumises à l’approbation des Conférences épiscopales des déclarations doctrinales abordant des questions nouvelles, tandis que les vérités de foi et de coutumes, ratifiées par l’Eglise dans son magistère solennel ou ordinaire, peuvent être confirmées, mais pas soumises à un vote. La lettre recommande aux Conférences épiscopales d’éviter de publier trop de documents, ainsi que de valoriser la présence des évêques émérites. Selon ses porte-parole, l’intention de l’épiscopat colombien est d’alléger l’appareil de la conférence épiscopale pour le rendre plus efficace en vue de la nouvelle évangélisation, celle-ci comptant un nombre élevé de commissions qui nécessitent le concours d’une grosse centaine de  » fonctionnaires « .

Dossier délicat

La conférence épiscopale colombienne s’est à maintes reprises impliquée dans les négociations de paix entre l’Armée de libération nationale (ELN), la société civile et le gouvernement. Le dossier est délicat. L’Armée de Libération Nationale (ELN) retient toujours une vingtaine sur les cent otages capturés le 30 mai dans une église de la banlieue de Cali, alors qu’ils participaient à l’eucharistie dominicale. Le 4 juillet, alors qu’elle avait annoncé leur libération, l’ELN a fait une nouvelle  » pêche miraculeuse « , séquestrant neuf civils sur la route Medellin-Bogota.

En attendant, l’annonce de la réouverture, le 20 juillet à Uribe – dans une zone démilitarisée – des colloques de paix entre le gouvernement et la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), annoncé d’abord pour le 7 juillet, puis reportés – a suscité l’ire des troupes (paramilitaires) d’Autodéfense Unie de Colombie (AUC), qui mettent le gouvernement en demeure de faire preuve de fermeté, sans quoi  » la Colombie devra se préparer à la guerre « . Une guerre encore marquée par l’affrontement, proche de la capitale, Bogota, par les affrontements entre l’armée des FARC et l’armée régulière. Ces combats on fait une centaine de morts.

Rencontrant la presse peu après sa réélection, Mgr Giraldo a de son côté réitéré son appel à ne pas perdre l’espoir et à continuer à travailler pour parvenir à la paix. Dans ce conflit, a-t-il ajouté,  » l’Eglise n’a d’autre parole que celle de l’Evangile « . Tout en promettant l’appui de l’Eglise, l’archevêque a averti que  » nous ne tenons pas d’agences pour l’emploi, ni de bureaux prêts ni rien du genre pour faire face à la crise économique, mais nous avons un Evangile de fraternité, une voix d’espérance, une sécurité dans la foi qu’il est fondamental que nous apportions à la société « . Au passage, Mgr Giraldo a sévèrement critiqué la politique économique du gouvernement Pastrana qui, si elle a réduit l’inflation, a aggravé la pauvreté et le chômage, une politique qui favorise la subversion et pousse les déshérités dans les bras des insurgés, a-t-il affirmé en conclusion. (apic/cip/pr)

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