Le leader de la rébellion libre de ses mouvements, selon Dakar

Casamance: Allégement du dispositif de sécurité autour de l’abbé Diamacoune Senghor

Dakar, 11 juillet 1999 (APIC) Le gouvernement sénégalais a décidé d’assouplir les mesures de sécurité autour du fondateur du Mouvement des Forces Démocratique de Casamance (MFDC), l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, désormais libre de ses mouvements. Le gouvernement donne ainsi satisfaction au MFDC et réfute désormais le terme d’otage pour le prélat, sous haute surveillance policière depuis avril 1994.

« L’abbé est libre d’aller où il veut. Il a même sa carte d’identité sénégalaise et son passeport », a déclaré le général Lamine Cissé, à l’issue d’une rencontre de deux heures avec le chef historique du mouvement indépendantiste de la Casamance. Cet entretien qui a eu lieu en présence notamment d’un représentant de l’Eglise et de celui de l’imam de Ziguinchor, capitale régionale de la Casamance, a porté essentiellement sur la liberté de déplacement et le problème de sécurité du prêtre.

Selon le général Cissé, l’Etat sénégalais tient beaucoup à la sécurité de l’abbé Diamacoune Senghor. « C’est pourquoi, a-t-il souligné, nous avons mis un dispositif de sécurité autour de lui ». « Il faut maintenant voir le fonctionnement de ce dispositif pour que Diamacoune lui-même et les autres ne se sentent et ne pensent pas qu’il n’est pas totalement libre », a encore indique ce même général.

Lors de récentes journées de réflexions à Banjul fin juin dernier, les quelque trois cent délégués du MFDC avaient réclamé la liberté totale pour leur leader, estimant que celui-ci n’était pas libre de ses mouvements. Cette revendication est l’une des conditions posées par la rébellion pour l’ouverture de négociations de paix avec le gouvernement.

Outre l’allégement du dispositif, les autorités ont retourné au « prêtre rebelle », sa carte d’identité nationale et son passeport. « Son passeport est encore valide, si non il lui faudra le mettre à jour », a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Le MFDC a apprécié la décision du gouvernement sénégalais, mais demande de l’étendre « à tous les casamançais ». « Le problème de la circulation et de protection des personnes et des biens ne concerne pas que l’abbé Diamacoune, mais les militants et sympathisants du mouvement, ainsi que la possibilité, pour les casamançais, de pouvoir aller et venir ». a déclaré à la presse locale, le porte-parole de la rébellion, Alexendre Djiba. (apic/ibc/pr)

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