L’Eglise participe au retour à la vie normale

Liberia: Situation toujours chaotique, deux ans après la fin de la guerre civile

Monrovia, 11 juillet 1999 (APIC) Deux années ont passé au Liberia depuis que, le 19 juillet 1997, après huit années de guerre civile, les élections ont marqué la victoire de Charles Taylor. Le président avait déjà gagné sur le terrain et la présence de la force d’interposition de l’ECOMOG déployée par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique Occidentale) reconnut sa victoire électorale avec 75 % des voix. Deux ans après la fin de la guerre civile, la situation est toujours chaotique. L’Eglise, pour sa part, participe au retour à la vie normale

Deux années sans combats n’ont toutefois pas ramené une paix réelle dans le pays. Les bidonvilles de Monrovia, créés durant les années de guerre par les paysans terrorisés qui fuyaient les campagnes, ont été démolis. Le gouvernement veut qu’ils retournent dans leurs villages pour cultiver les champs. Le petit commerce, qui permettait à des milliers de ces gens de survivre a été démantelé. Les paysans retournent dans leurs villages où ils ne trouvent que maisons détruites et champs à défricher, sans les outils nécessaires pour le faire.

Le climat social est lui aussi bien loin de refléter la sécurité. Le président Taylor a multiplié les services de sécurité, mais de nombreux agents, qui ont un salaire mensuel moyen de 5 dollars, arrondissent leurs fins de mois par le racket, les vols et les extorsions.

L’Eglise est présente pour favoriser ce retour difficile à une vie normale, qui reste précaire. Dans l’archidiocèse de Monrovia, Mgr Michael Kpakala Francis est parvenu à remettre sur pied les structures pastorales, les services d’éducation et d’assistance – pendant la guerre, tout avait été détruit par trois fois. Dans la capitale, la vie ecclésiale est redevenue normale. Nombre de communautés religieuses qui avaient été obligées d’évacuer la ville durant le conflit, sont rentrées et participent aux activités pastorales. La formation des catéchistes est de nouveau assurée, et on prévoit la création d’un grand séminaire. La population reçoit des aides de la Commission locale « Justice et Paix ». Une radio diocésaine, « Veritas » a été mise en service, où l’archevêque prend la parole chaque jour, et une grande partie de la population, même des non-catholiques, ne manquent pas ses interventions.

Groupes de catéchistes reformés

A la fin de 1997, Mgr Boniface Nyema Dalieh a pu lui aussi rentrer dans son diocèse de Cape Palmas. Pendant le conflit, il avait dû se réfugier dans le diocèse voisin de San Pedro en Côte-d’Ivoire, avec son clergé et une bonne partie de la population. Il a reconstruit l’évêché, rouvert la cathédrale au culte – même si elle porte toujours les traces de la guerre -, remis en fonction les principales structures de l’action pastorale. Le clergé autochtone est peu nombreux et 6 religieuses de la Congrégation diocésaine « Holy Family » aident l’évêque, qui est leur fondateur.

Le groupe des catéchistes se reforme, même si nombre d’entre eux, tout comme une bonne partie de la population, ne sont pas rentrés depuis la fin de la guerre, ayant trouvé en Côte-d’Ivoire du travail et de meilleures conditions de vie. (apic/cip/pr)

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