La SCOD change de nom pour devenir «Oikocredit»
Abidjan, 13 juillet 1999 (APIC) «Un monde de crédit»: c’est à peu près la signification du nouveau nom choisi de la SCOD – Oikocredit (Société coopérative Oecuménique de Développement). Au cours de leur assemblée générale annuelle, tenue à Abidjan (Côte d’Ivoire), les membres de la SCOD se sont en effet prononcés à une écrasante majorité pour rebaptiser la coopérative. Non seulement le nom d’Oikocredit est bien plus facile à retenir, estiment-ils, mais encore reflète-t-il mieux en quoi consiste sa mission de coopération pour le développement: donner du crédit aux pauvres et aux défavorisés, partout dans le monde.
Dans de nombreuses régions du monde, l’ancienne abréviation EDCS (Ecumenical Developement Cooperative Society) était difficile à prononcer et à retenir. De plus, EDCS se transformait dans les pays hispanophones en SOCED et dans les pays francophones en SCOD, ce qui donnait trois noms pour une seule et même organisation. Le nouveau nom ne sera pas seulement symbole d’unité, il sera aussi le signe d’un nouveau départ dans un nouveau millénaire.
Le préfixe «Oiko» (qui signifie en grec ancien «maison», «communauté», «monde») est présent dans les mots oecuménisme, économie et écologie, qui sont tous des facteurs essentiels du travail et de la vie de la SCOD. «Crédit» ne se réfère pas seulement au fait que l’organisation accorde des prêts aux pauvres, mais aussi au fait que crédit est dérivé du mot latin «credere» (croire). En fait, «Oikocredit» signifie que ses partenaires croient au potentiel des défavorisés : si on leur en donne la chance, si on leur donne du crédit, ils sont capables de se construire une vie meilleure, pour eux et pour leurs enfants.
C’est la première fois qu’»Oikocredit» organisait son assemblée générale en Afrique francophone, une façon de souligner que l’organisation a doublé en cinq ans son soutien en Afrique, où elle compte désormais cinq bureaux régionaux – le dernier a été ouvert en novembre dernier à Pretoria.
En 1998, le feu vert a été donné pour le financement de 38 nouveaux partenaires de projets pour un montant global d’environ 16 millions de dollars. Parmi eux, huit projets sont situés en Afrique et quatre en Côte d’Ivoire, qui accueillait l’assemblée générale de cette année.
Record
L’Assemblée a accueilli avec enthousiasme la nouvelle qu’»Oikocredit» avait attiré un montant record de capital-actions, à savoir 17 millions de dollars. Fin 1998, l’ensemble du capital-actions s’élevait à 123 millions de dollars. Le fait que des banques «conventionnelles» aient commencé à investir dans «Oikocredit» prouve que l’organisation suscite de plus en plus le respect et l’estime dans tous les milieux.
Malgré la crise économique en Asie, qui a également touché les autres continents, malgré les répercussions d’El Niño et les dommages causés par l’ouragan Mitch, «Oikocredit» peut faire état d’un versement de dividendes pour la dixième année consécutive. Les neuf dernières années, les dividendes ont toujours été de 2 % mais, cette année, l’Assemblée générale s’est prononcée pour un versement de 1 % seulement, ce qui, pour l’organisation, représente un résultat plus que positif vu les circonstances extrêmement difficiles qui ont régné dans de nombreuses régions du monde en 1998.
Autre bonne nouvelle: en 1998, en dépit de leurs nombreuses difficultés, les partenaires ont pu faire augmenter une fois de plus le montant global de leurs remboursements. En remboursant ensemble 8,3 millions de dollars, ils ont fait passer le montant global des remboursements à plus de 600 millions de dollars, ce qui prouve que les pauvres peuvent être des partenaires fiables et performants.
Remise des dettes «injustes»
«Jubilé 2000» était le titre de l’un des séminaires de l’Assemblée et les participants venus du Nord comme du Sud s’y sont livrés à des échanges intensifs: comment «Oikocredit» peut-il participer à la Campagne du Jubilé 2000 qui vise à annuler les dettes insupportables de nombreux pays du Tiers Monde? «Oikocredit», en tant qu’institution de crédit alternative, peut-il prôner une remise de la dette sans annuler d’abord celles de ses partenaires de projets?
Pour les participants, la dette et le crédit sont deux notions complètement différentes. Les prêts accordés dans le passé aux dirigeants des pays se sont transformés en dettes insupportables qui pèsent maintenant sur les épaules des plus pauvres. En revanche, les prêts accordés par «Oikocredit» veulent donner une chance à l’homme de la rue de se libérer du cercle vicieux de la pauvreté. Si «Oikocredit» remettait leur dette à ses partenaires, il mettrait également fin à un système performant de lutte contre la pauvreté à travers les crédits accordés aux pauvres. Ses partenaires actuels ne le souhaitent pas, ses futurs partenaires non plus. C’est pourquoi «Oikocredit» se joindra à la campagne d’annulation des dettes «injustes» qui écrasent les pauvres de leur fardeau et promouvra dans le même temps un système dans lequel les pauvres ont accès à un crédit «juste», un crédit qui leur ouvre des portes et est garant d’un avenir meilleur.
En route pour le nouveau millénaire
L’an 2000 est aussi l’année durant laquelle «Oikocredit» célébrera son 25e anniversaire. Celui-ci sera l’occasion de réjouissances, mais aussi de bilans. Une équipe chargée de l’évaluation de la société a été nommée pour analyser ses structures actuelles et ses méthodes de travail et pour la conseiller quant aux améliorations possibles. Parallèlement, des comités rassemblant membres du personnel et du Conseil ont été constitués pour chercher les moyens de réduire encore les coûts tout en élargissant le portefeuille de prêts. Le but de tous ces efforts est de donner à l’organisation tous les instruments lui permettant de faire face à sa mission dans le nouveau millénaire. «Oikocredit» se tourne vers une nouvelle ère de crédit pour les pauvres. (apic/cip/pr)
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