Les grecs-catholiques melkites étaient encore près de 40’000 à Alep il y a un demi-siècle, quand les chrétiens représentaient tous ensemble près de 40% des 500’000 habitants de la ville. Aujourd’hui, leur nombre a fondu tandis que la proportion de musulmans augmente sans cesse. Nombre de melkites sont partis dès la fin du XVIIIème siècle déjà. Au XIXème siècle, avec l’ouverture du Canal de Suez, beaucoup s’installent en Egypte pour faire prospérer leurs affaires. Le Canal a dérouté le flux de marchandises acheminées traditionnellement par l’ancienne « Route de la Soie », qui passait par Alep.
Lors de la campagne d’Egypte, les armées de Napoléon recrutent des collaborateurs chez les Aleppins rencontrés sur place et les ramènent en France en 1801. C’est ainsi que fut fondée la première colonie melkite catholique sur sol français, à Marseille. Ils édifièrent en partie grâce aux rentes reçues de Napoléon et à l’aide du gouvernement français l’église St-Nicolas-de-Myre. A cette époque, les Aleppins continuent à émigrer vers l’Argentine, le Brésil et l’Amérique du Nord. Après la guerre, une grande vague d’émigrés s’installe au Venezuela, où la communauté (40’000 âmes) est deux fois plus nombreuse qu’à Alep même. Les réformes nassériennes de type socialiste – au niveau agraire et dans le domaine du commerce et de l’industrie, lors de l’instauration de l’éphémère « République Arabe Unie » (Fusion de la Syrie avec l’Egypte, de 1958 à 1961) a très fortement touché la communauté melkite, très bien représentée dans les banques, le commerce d’import-export, la finance, la propriété foncière. Dans l’histoire récente, ces réformes socialisantes ont été un facteur d’accélération de l’émigration, bien davantage que les pressions des islamistes. (apic/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/une-importante-diaspora-melkite-depuis-le-xviiieme-siecle/