Grande-Bretagne: L’Eglise d’Angleterre veut réintroduire les procès en hérésie
York, 14 juillet 1999 (APIC) L’Eglise anglicane veut réintroduire les procès en hérésie notamment pour interroger les prêtres hérétiques qui ne croiraient plus aux doctrines centrales de l’Eglise. Des tribunaux ecclésiastiques seront chargés de cette procédure à huis clos, selon les propositions du Synode général de l’Eglise d’Angleterre dont les travaux se déroulent actuellement à York.
Le Synode réagit avec cette mesure contre le reproche que des prêtres et des évêques peuvent « croire et prêcher ce qu’ils veulent ». Il y a quelques années, un évêque anglican avait fait scandale en déclarant qu’il ne croyait pas à la résurrection. Mgr David Jenkins, alors évêque de Durham, avait affirmé ne pas croire à la résurrection physique du Christ, ou à sa conception virginale, suscitant un tollé parmi la majorité des fidèles.
Un mouvement de « curés sans Dieu »
Né dans les années 80, un groupe dénommé « Sea of Faith », prétend rassembler en Angleterre une cinquantaine de prêtres anglicans et quelques curés catholiques romains, ainsi que des laïcs. Le public a affublé ce mouvement, dont les membres veulent rester au sein de l’Eglise, du nom de « curés sans Dieu » ou de « prêtres athées ».
Les évêques anglicans souhaitent dans ce contexte que les membres du clergé qui nient la doctrine de la Trinité ou de l’Incarnation ou qui proclament leur credo athée, soient entendus devant un tribunal à créer. Cette nouvelle instance aura pour but de rationaliser les procédures disciplinaires concernant le clergé pour les mettre en concordance avec la pratique des autres professions.
Eviter la procédure lente et coûteuse des tribunaux ecclésiastiques
Il s’agit avec ces nouveaux tribunaux d’éviter la procédure lente et coûteuse des tribunaux ecclésiastiques chargés de juger les membres du clergé accusés d’adultère ou d’autres conduites répréhensibles pour des personnes entrées dans les ordres. Les causes seront traitées à huis clos, mais leurs conclusions seront rendues publiques.
La procédure remplacera l’ordonnance de juridiction ecclésiastique de 1963 si difficile à mettre en œuvre qu’elle n’est utilisée que dans les cas les plus sérieux. Elle n’a d’ailleurs jamais été utilisée pour juger de matières doctrinales. Les évêques souhaitent que la procédure soit rendue plus souple afin de juger plus facilement les cas doctrinaux mais également les affaires de mauvaises conduite et d’abus sexuels.
Inquiétude sur le manque de ligne de l’Eglise anglicane
Les membres de l’Eglise anglicane – clergé et laïcs confondus – sont dans leur majorité inquiets du fait que l’Eglise d’Angleterre est perçue comme une Eglise où le clergé peut croire à peu près à ce qu’il veut. Des membres du clergé de tendance libérale n’hésitent pas à afficher en public des tendances athées ou agnostiques.
A l’heure actuelle, il est presque impossible de déplacer un vicaire ou un recteur titulaire d’une charge, quelle que soit l’orthodoxie de son credo. Les mesures disciplinaires dans ce domaine devraient être « rares et exceptionnelles », « mais il doit il y avoir des limites à la permissivité ». (apic/kna/bbc/times/be)
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