Vatican: la « géographie du non à la vie s’élargit toujours plus »
Rome/Berne, 16 juillet 1999 (APIC) L’autorisation en Suisse de la pilule abortive RU 486 a fait vivement réagir « L’Osservatore Romano », qui titre dans édition du 16 juillet 1999: « Encore un non à la vie ». Le quotidien du Vatican commente ainsi la décision, prise le 14 juillet par l’Office intercantonal de contrôle des médicaments (OICM), d’autoriser la diffusion commerciale de la pilule « Mifegyne ».
La pilule en question est définie comme une « pilule abortive », par le quotidien du Vatican, du fait qu’elle permet de supprimer un fœtus dans les trois premiers mois de la grossesse. En annonçant brièvement la nouvelle, « L’Osservatore Romano » conclut que « la géographie du non à la vie s’élargit toujours plus ».
Les femmes démocrates-chrétiennes satisfaites
Position diamétralement opposée chez les candidates au Conseil national de la liste « femmes PDC » du parti démocrate-chrétien fribourgeois, qui se « réjouissent de la décision ». Dans un communiqué diffusé jeudi, elles qualifient la RU 486 d’ »alternative bienvenue à l’intervention chirurgicale ». Mais elles affirment par ailleurs que toutes les possibilités doivent être évaluées et expliquées pour éviter aux femmes de se trouver dans une telle situation d’urgence. « Seules la prévention et l’information étendues mènent à la réduction des interruptions de grossesse », écrivent les candidates PDC fribourgeoises qui exigent en outre le remboursement par les caisses-maladie de tous les moyens de contraception prescrits par ordonnance médicale.
Le parti PDC « pas heureux » de la décision de l’OICM
Au siège suisse du PDC à Berne, on parle par contre de « décision problématique », estimant que la décision de l’OICM sera perçue dans la population comme un nouveau pas en direction de la libéralisation de l’avortement, même si ce n’est au fond pas le cas. Il ne s’agit en principe pour le PDC tout simplement que d’une alternative aux méthodes abortives utilisées jusque-là, a précisé vendredi à l’APIC le chef de presse du parti Paul Felber. Mais le PDC « n’est pas heureux » de l’autorisation de la pilule abortive, « car elle est ressentie comme un signal pour une simplification de l’avortement ».
Mais le PDC Suisse veut en rester à une appréciation orale de la question, ayant sciemment refusé de prendre position dans une déclaration écrite, car le parti démocrate-chrétien, comme tous les autres partis suisses, est profondément divisé sur la question. Surtout chez les hommes, précise Paul Felber, car les femmes PDC jugent l’introduction de la Mifegyne « moins problématique ».
Quant à la Ligue Suisse de Femmes Catholiques (SKF) à Lucerne, elle a tout simplement renoncé à prendre position, également parce que les avis divergent au sein de l’importante association féminine catholique. La réprobation des évêques suisses, mercredi, était par contre sans appel: « Parler de médicament en parlant de la pilule RU 486 revient à dire que l’on considère l’enfant à naître comme une maladie qu’il faut enrayer. » La Conférence des évêques suisses, condamnant fermement ce nouveau moyen d’interruption de grossesse qui peut susciter l’impression qu’il s’agit là d’une méthode permettant un « avortement facilité », rappelle que cette démarche n’est ni médicalement ni éthiquement moins grave. (apic/imedia/job/be)
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