Un Kosovo vidé de sa population serbe, dénonce l’Eglise orthodoxe

Kosovo: Une nouvelle église orthodoxe serbe détruite par un attentat

Pristina, 18 juillet 1999 (APIC) Une nouvelle église orthodoxe serbe au Kosovo a été complètement détruite par un attentat à la bombe « à une centaine de mètres d’une unité de la KFOR », a rapporté dimanche Mgr Artemije, évêque orthodoxe de Raska-Prizren, au Kosovo. Les militants albanais multiplient les agressions contre les édifices religieux orthodoxes, dénonce l’Eglise serbe. 18 églises ont été détruites ou gravement endommagées depuis l’entrée des troupes de la KFOR au Kosovo.

L’attentat a été confirmé par un porte-parole de la KFOR, qui a toutefois démenti que l’église ait été totalement rasée comme affirmé par Mgr Artemije. Elle serait seulement « gravement endommagée ». L’incident, qui n’a pas fait de blessés, s’est déroulé à Slovinje, au sud-est de Pristina. La KFOR a annoncé l’ouverture d’une enquête pour tenter de retrouver les auteurs de cet acte terroriste.

Le « gouverneur » Bernard Kouchner, chef de l’administration civile de l’ONU au Kosovo, a rencontré dimanche matin l’évêque Artemije, qui a une nouvelle fois réclamé une protection plus efficace de la minorité serbe par les troupes de la KFOR. « Tous les jours des Serbes sont maltraités par les Albanais, chassés, voire même tués… Depuis l’arrivée des troupes alliées, plus de 130’000 Serbes ont déjà fui le Kosovo, bientôt ethniquement pur », a déclaré pour sa part un porte-parole de Mgr Artemije.

Les Albanais mènent une campagne systématique de représailles

Les Albanais du Kosovo mènent une campagne systématique de représailles; ils tuent, kidnappent et expulsent les Serbes de la province en représailles pour les atrocités qu’ils ont subies dans le passé, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Le porte-parole du HCR Kris Janowski, cité par la BBC, a déclaré que la protection de la minorité serbe dans la province est à l’heure actuelle « le problème le plus critique ».

Les représailles les plus graves ont lieu dans la capitale provinciale Pristina, les villes de Prizren et Orahovac, et dans les villages alentours. « A Prizren, une cinquantaine de maisons serbes ont été incendiées en moins d’une semaine dans ce qui semble être une campagne systématique contre les Serbes », selon Kris Janowski. Selon la BBC, des représailles étaient attendues, mais les œuvres d’entraide et les organisations internationales sont choquées par l’ampleur qu’elles prennent.

Les soldats de la KFOR, censés protéger les Serbes jour et nuit, sont manifestement débordés. Ils sont de moins en moins en mesure de leur offrir une véritable protection, de même qu’aux autres minorités dans le collimateur des militants albanais, comme les gitans, accusés de « collaboration avec les Serbes ». Des populations menacées ont cherché refuge dans des églises et certains quartiers sont devenus des ghettos dont les Serbes n’osent plus sortir. A plusieurs reprises des membres supposés de l’UçK, l’Armée de libération du Kosovo, ont été appréhendés avec des bombes incendiaires et des armes alors qu’ils s’apprêtaient à partir incendier des maisons.

Pas une guerre de religion, affirme le cardinal Schönborn

De retour d’une visite au Kosovo effectuée en compagnie d’une délégation de la Caritas autrichienne, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, confirme qu’il n’y avait pas eu au Kosovo de « guerre de religion ». Pour les leaders religieux locaux, on a assisté à une « politique idéologique agressivement imposée » au pays. Cette conviction est clairement celle du patriarche Pavle, chef de l’Eglise orthodoxe serbe, et elle est partagée tant par le mufti musulman Rexhep Boja que par l’évêque catholique Marko Sopi. Tous trois plaident pour le dialogue entre les communautés religieuses du Kosovo, affirme le cardinal autrichien, bien qu’ils reconnaissent qu’il est « encore trop tôt » pour relancer le dialogue interreligieux. La priorité va pour l’instant à l’aide humanitaire et à la reconstruction civile, estiment-ils.

Ravage des mines antipersonnel et « disparus » par centaines

Témoin à l’hôpital de Djakovica des ravages causés par les mines antipersonnel, l’archevêque de Vienne s’indigne: « Quand la communauté internationale s’engagera-t-elle enfin de façon unanime et décidée pour une interdiction totale de ces mines? ». Le cardinal Schönborn s’est vu remettre par la Caritas locale une liste de 880 « disparus » de la ville et de la région de Djakovica dont on est toujours sans nouvelles. Le cardinal souligne la nécessité de reconstruire au plus vite les structures civiles dans la province ravagée par la guerre, le vide de pouvoir au niveau des autorités exécutives, judiciaires et administratives risquant très rapidement d’être rempli par la mafia. (apic/bbc/kna/be)

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