De nombreux défis à relever pour autant de thèmes à débattre

Synode des évêques pour l’Europe, en octobre

Rome, 19 juillet 1999 (APIC) Dix ans après la chute du mur de Berlin et huit ans après le premier Synode des évêques d’Europe, Rome accueillera du 1er au 23 octobre un nouveau sommet de l’Eglise du vieux continent. La secrétairerie du Synode des évêques vient de publier un document de travail (Instrumentum laboris) qui permet déjà d’entrevoir les thèmes et les débats qui seront au coeur de ce Synode. Retour sur un document, pour cerner les défis qui se poseront dans les débats à venir.

Le Document de travail du Synode de l’Europe cite notamment, parmi les signes d’espérance, la nouvelle vitalité des Eglises, à l’est comme à l’ouest. Il met en évidence cette liberté d’action que les communautés qui ont vécu pendant plus de cinquante ans dans les catacombes, ont retrouvée, et la meilleure connaissance des peuples d’une part et d’autre du continent, qui s’est traduite par des aides et des contacts entre les Eglises locales.

Risques

Mais l’Europe ne respire toujours pas avec ses deux poumons (le poumon occidental et le poumon oriental), car le mur de Berlin a été remplacé par celui de la différence économique entre les pays. L’athéisme pratique semble avoir remplacé l’athéisme idéologique et marxiste. Les comportements personnels sont souvent marqués par le relativisme moral et la fracture entre la conscience privée et les valeurs publiques.

Le Document de travail reflète aussi la préoccupation suscitée par le nationalisme. Le texte invite à «reproposer l’idée même de la nation», qui ne doit pas disparaître mais qui doit s’ouvrir aux autres identités nationales, en encourageant des relations de collaboration et de solidarité. Il met en garde contre la prédominance de la dimension purement économique qui a conduit à privilégier l’idée d’une Europe de la monnaie et des marchés.

Situation religieuse

Le texte n’hésite pas à dénoncer le «risque d’une dé-christianisation progressive et radicale du continent». Ceci fait naître chez certains la tendance à «tout mettre en question, y compris à l’intérieur de l’Eglise».

Dans certains pays, il y a déjà un grand nombre de «personnes non baptisées qui ne connaissent pas les fondements du christianisme». C’est pour cette raison, souligne «l’Instrumentum laboris» que certains parlent d’une «espèce ’d’apostasie’ de l’Europe»

Europe de l’est.

Le Document fait une analyse détaillée de la situation en Europe de l’est. Ces dernières années, on a constaté qu’en général «le communisme n’est pas le seul ennemi», souligne-t-il. «On a remplacé la domination culturelle du marxisme par celle d’un pluralisme indifférencié et à tendance sceptique et nihiliste». Depuis quelques années l’est souffre en effet de l’influence de «phénomènes négatifs» qui caractérisent l’Europe occidentale, comme le «matérialisme pratique, l’esprit de consommation, l’hédonisme, le relativisme culturel et religieux». Dans certains cas, «la diffusion sauvage du capitalisme, dans ses formes les plus dures, s’appuie sur des mécanismes propres à la mafia».

Europe occidentale

La chute du mur a eu ses effets aussi en Europe occidentale. Le document rappelle les changements politiques qui ont eu lieu dans le continent, avec dans certains pays, comme en Italie, la division du monde catholique en matière de présence politique. «On ne peut s’empêcher de noter une séparation de plus en plus grande entre le progrès et les valeurs de l’esprit».

Monnaie unique

Le texte du Synode analyse ensuite le processus d’unification de la monnaie, signalant ses éléments positifs et dénonçant les dangers. «S’il se réalise dans une optique globale de solidarité, il peut donner une plus grande stabilité à l’Europe», affirme le Document. «Il peut s’agir d’un important instrument de liberté» et il peut permettre de mieux concevoir la coexistence dans notre continent. Mais si l’on tient compte de l’important phénomène de mondialisation en cours, la monnaie unique peut contribuer à imposer une logique qui ne profiterait qu’aux puissants, provoquer «de nouvelles inégalités, injustices et marginalisations», faire grandir le chômage jusqu’à le faire devenir «une menace pour l’Etat social».

La nouvelle Europe

A partir de ces considérations, le Document explique que l’Europe a de plus en plus «besoin d’une nouvelle évangélisation et d’un nouvel effort missionnaire». A l’est, on a «besoin d’une sorte de première évangélisation, car beaucoup ne connaissent pas Jésus, même s’ils vivent dans des pays marqués par une annonce et un témoignage de foi héroïques». A l’ouest, on a besoin d’une nouvelle évangélisation qui puisse répondre aux défis de la sécularisation.

Le prochain Synode veut «proclamer que l’espérance de l’Europe est dans la croix du Christ». Il faut donner «un supplément d’âme au continent en train de naître», en s’appuyant sur «l’héritage du christianisme» qui a façonné la vieille Europe. (apic/zenit/pr)

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