Retour des réfugiés et des déplacés, deux poids et deux mesures

Bosnie: Les évêques catholiques interpellent la communauté internationale

Banja Luka, 20 juillet 1999 (APIC) Les évêques de Bosnie-Herzégovine ont une nouvelle fois interpellé la communauté internationale et le gouvernement bosniaque afin qu’ils appuient avec davantage de conviction le retour des réfugiés et des déplacés. Ils demandent au gouvernement de Sarajevo de «soutenir plus efficacement les droits de l’homme, particulièrement le droit des gens à retourner dans leur foyer». L’épiscopat catholique de Bosnie-Herzégovine réfute l’assertion selon laquelle les Croates de Bosnie ne veulent pas rentrer et déplore une politique de «deux poids deux mesures» à leur égard.

Lors de sa 16ème assemblée plénière à Banja Luka, la Conférence des évêques catholiques présidée par le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, a dénoncé «ceux qui découragent les gens de retourner chez eux et les autres qui bloquent ou interdisent leur retour». Dans une lettre envoyée à la Présidence du gouvernement et au Conseil des Ministres de Bosnie-Herzégovine, à la Caritas Internationalis, et aux représentants des institutions et organisations internationales à Sarajevo, le cardinal Puljic mentionne les barrières qui font obstacle au retour des réfugiés: «l’atmosphère politique instable, les questions non résolues au niveau constitutionnel de la représentation électorale des différentes nationalités, la situation économique difficile, le taux de chômage élevé, l’extrême lenteur de la restitution de la propriété privée… La privatisation mise en œuvre est une pierre d’achoppement supplémentaire pour décider de rentrer».

Indifférence à Sarajevo et promesses non tenues de la communauté internationale

Les évêques de Bosnie-Herzégovine constatent, amers, que la communauté internationale manque à ses engagements concernant l’assistance promise pour faciliter le retour des réfugiés, la restitution de leur propriété et la protection de leurs autres droits humains et libertés. Tout en reconnaissant les contraintes financières et structurelles auxquelles doit faire face le gouvernement bosniaque, la Conférence épiscopale dénonce aussi une certaine indifférence des autorités face aux secteurs de la population les plus pauvres: handicapés, personnes âgées, retraités aux pensions trop basses ou inexistantes, personnes dépourvues de logements et d’accès aux soins de santé…

Une population davantage menacée dans sa survie que pendant la guerre

«Durant la guerre, l’Eglise a pu efficacement porter assistance à la population, à travers les sections diocésaines de la Caritas et l’aide reçue de l’étranger. Mais l’aide internationale a baissé de façon significative, et certaines parties de la population sont aujourd’hui davantage en danger que durant la guerre», lancent les évêques. Ils expriment encore leur tristesse face à la politique de «deux poids, deux mesures»: «Quelques responsables influents de la communauté internationale, bien qu’ils affirment publiquement leur soutien au retour des réfugiés, appliquent des critères inégaux en fonction de la religion et de l’appartenance nationale». Les évêques catholiques bosniaques relèvent que le non retour des réfugiés et des déplacés et l’»exode rampant» des catholiques risquent à terme de mettre en question la présence d’une communauté catholique dans une bonne partie de la Bosnie.

La 16ème assemblée plénière des évêques de Bosnie-Herzégovine a été suivie également par le chargé d’affaires ad interim de la nonciature apostolique à Sarajevo, Mgr Mario Roberto Cassari, Mgr Marin Srakic, évêque de Djakovo-Srijem (Croatie) et Mgr Ilija Janjic, évêque de Kotor (Monténégro), représentant la Conférence des évêques de Yougoslavie. (apic/ika/be)

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