Démographie en Inde: Plus d’aide et refus du droit de vote à ceux qui ont trop d’enfants?
New Delhi, 23 juillet 1999 (APIC) Les familles qui ont plus de deux enfants pourraient se voir priver d’aide et notamment de prêts privés et les familles de trois enfants et plus de participation aux élections. Ce projet de loi adopté par l’administration de Delhi, devrait être discuté au Parlement, Il vise ni plus ni moins à exercer une pression «pour un meilleur» contrôle démographique. Mais soulève une tempête de protestations…
Les femmes indiennes élèvent la voix pour condamner une nouvelle proposition de loi sur le contrôle démographique. Une douzaine d’organisations féminines – parmi lesquelles les organisations chrétiennes «Joint Women’s Programme» et «YCWA» – mènent en effet la protestation des femmes contre un projet de loi adopté par l’administration de Delhi, et qui devrait être discuté au Parlement de l’Inde. Dans une protestation officielle que les deux groupes ont présentée le 8 juillet dernier à Sheila Dikshit, ministre de Delhi, elles dénoncent ce projet comme étant «erroné, anticonstitutionnel, discriminatoire, et objectivement élitiste dans ses affirmations». La proposition a été présentée par Kiran Choudhary, élu récemment président de l’Assemblée de Delhi.
La proposition de loi a pour objectif de contenir l’augmentation démographique; elle prévoit que les familles qui ont plus de deux enfants se verront refuser les soutiens, les travaux gouvernementaux et les promotions; à celles qui ont trois enfants, on refuserait des prêts privés et la participation aux élections.
Pour les institutions féminines qui s’opposent au projet de loi, les mesures prévues «sont des mesures fascistes qui ne devraient pas exister dans une démocratie». Pour les femmes, la proposition condamne les pauvres à cause de leur pauvreté. New Delhi, capitale de l’Inde a une population de 12 millions d’habitants, dont un tiers vit dans des taudis.
Les institutions féminines ont demandé au gouvernement d’augmenter les fonds pour la santé, l’éducation et l’emploi, au lieu d’adopter des mesures coercitives pour contenir l’explosion démographique. «La proposition de loi, disent-elles, affirme de manière erronée que la croissance démographique est due à une fertilité élevée; mais, comme le savent les enfants eux-mêmes, elle est due en réalité à une urbanisation massive voulue, dans plusieurs régions».
Les pauvres paient la facture
Les femmes dénoncent le fait que cette proposition fait retomber sur les pauvres tous les maux de la ville. Elles critiquent en outre la politique de contrôle démographique, en soutenant que «avoir des enfants est un droit humain et que chaque interdiction de ce droit est une violation des droits de l’homme», comme l’affirme d’ailleurs le document des Nations Unies sur la Population et le Développement.
Les groupes de femmes demandent que la proposition de loi soit abandonnée immédiatement. Les autorités elles-mêmes semblent disposées à rediscuter la politique démographique. Le rapport du ministère de la Santé et de la Famille de 1998/1999 a souligné l’opportunité de suspendre la proposition de loi et de reprendre la loi sur deux enfants, qu’il avait soutenue ces dernières années. L’Inde est le deuxième pays au monde par sa population qui compte plus de 900 millions d’habitants. Plus de 40% de la population se servent des moyens contraceptifs comme mesures pour le contrôle des naissances. (apic/fides/pr)
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