Sri Lanka: L’opinion publique réagit pour prévenir les abus sexuels sur les enfants
Colombo, 23 juillet 1999 (APIC) L’opinion publique réagit de plus en plus au Sri Lanka pour prévenir les abus sexuels sur les enfants. Le pays enregistre d’ailleurs un mieux face à ce problème, qui prenait des proportions peu commune, en raison du « développement » scandaleux du tourisme sexuel.
Selon le Commissaire en chef de Colombo, Nihal Karunaratne, ces temps derniers, on a noté une baisse significative des abus contre les enfants, après que l’opinion publique ait pris une conscience plus profonde de cette question. Parmi les organisations qui travaillent pour prévenir les abus sur les enfants, il y a aussi le Centre pour la Justice, la Paix et le Développement humain « Sethsarana », de l’archidiocèse de Colombo. En 1995, à la demande de Mgr Nicholas Marcus Fernando, archevêque de Colombo, ce Centre a été l’un des premiers organismes à lancer une campagne pour créer une sensibilité commune sur ce problème.
Sous la direction du Père Basil Wickremasinghe, le Centre a commencé par mettre sur pied un programme destiné aux étudiants des écoles secondaires et aux groupes d’adultes dans les paroisses. Une autre organisation du même genre, « PEACE » (Protecting Environments and Children Everywhere), présidée par Maureen Seniveratne, une catholique, a fait connaître, dans des rencontres internationales et au Sri Lanka, la situation des enfants, victimes exploitées par des étrangers qui se présentent comme touristes ou entrepreneurs, et par des gens du lieu qui les leur fournissent.
Pour le Commissaire Karunaratne, l’un des cas les plus fréquents d’exploitation, est celui des enfants dont les parents, les mamans en particulier, vont travailler au loin, au Moyen-Orient par exemple, sans laisser personne pour surveiller ou pour guider les enfants. Sur la question du travail des enfants mineurs, il relève que la pauvreté est la cause majeure. « De nombreux enfants employés dans ces travaux subissent des abus physiques et sexuels ». Les parents qui ne parviennent pas à soutenir le poids économique de l’éducation de leurs enfants, les cèdent très souvent pour les travaux domestiques, même si des lois sévères interdisent le travail pour les enfants de moins de douze ans, et même si l’instruction est obligatoire jusqu’à 14 ans.
Programme efficace
Malheureusement, ces abus sont rarement portés à la connaissance des autorités, et c’est là que le programme « Sethsarana » est devenu très utile. Une fillette qui ne désire pas être nommée a déclaré: « Grâce à ce programme, je suis parvenue à dire aux organisateurs que j’avais subi des violences de la part de mon beau-père; ils m’ont aidée, et ont averti les adultes qui sont parvenus à changer ma situation ».
Les enfants, pendant le programme de sensibilisation, écrivent leurs problèmes et les envoient aux animateurs qui pourvoient à l’assistance individuelle, et aux conseils à donner.
Dans les cinq dernières années, le Sri Lanka a connu un grand nombre de cas d’abus sexuels, qui ont été soulignés par les moyens d’information. De la sorte, de nombreux étrangers ont été expulsés ou emprisonnés pour pédophilie. « Sethsarana » a organisé, en collaboration avec d’autres ONG, des marches de protestation contre ces abus, et a publié une vidéocassette qui montre comment des personnes différentes, sous des prétextes divers, attirent les enfants dans ces activités.
Sensibilisation
Le programme qui s’adresse aux adultes dans les paroisses, a aiguisé de façon importante la sensibilité des parents. « Ceci nous a fait devenir plus attentifs vis-à-vis de nos enfants: nous n’aurions jamais pensé que des adultes puissent faire du mal aux petits d’une manière aussi honteuse » a déclaré un père de famille. Les sources de la police disent que les enfants, très souvent, sont attirés par de nombreux cadeaux, et, de la sorte, ils ne disent rien aux parents de ce qui leur arrive et de ce qui se passe. Après avoir participé au programme de sensibilisation, les parents posent plus de questions aux enfants à propos de ces cadeaux. Il est arrivé toutefois que les parents, attirés eux aussi par l’argent reçu, ferment les yeux sur ce qui se passe.
Le programme « Sethsarana » est très demandé. Le commissaire de police Karunaratne en est convaincu: « Les efforts accomplis pour créer une sensibilité nous aident dans notre tâche de combattre ce mal terrible pour les enfants. Les adultes se mettent en contact avec nous pour l’assistance. Le facteur de la peur qui entoure la victime s’atténue depuis qu’a été créée une sensibilité dans l’opinion publique, et depuis que les gens sont devenus plus vigilants sur ce qui se passe dans leur propre quartier ». (apic/fides/pr)
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