Liban: Le patriarche Nasrallah Sfeir dit non à l’implantation des réfugiés palestiniens
Beyrouth/Dimane, 26 juillet 1999 (APIC) Le patriarche Nasrallah Sfeir a dit une nouvelle fois non à l’installation définitive des 300’000 réfugiés palestiniens au Liban. Lors de son homélie dominicale dans sa résidence d’été de Dimane, le chef de l’Eglise maronite a répété que le Liban ne peut pas accepter l’implantation des réfugiés palestiniens « en raison de l’exiguïté de son territoire et de la densité élevée de sa population ».
La présence des Palestiniens, installés en plusieurs vagues dans le pays depuis la création de l’Etat d’Israël 1948, fait l’objet de vives discussions au Liban. Israël refusant de laisser retourner les réfugiés sur leurs terres, le Liban craint d’être « sacrifié » dans le cadre du processus de paix en cours, et de devoir accepter la présence permanente de ces réfugiés, qui restent pour certains un facteur d’instabilité. Les milieux chrétiens craignent également que leur installation définitive si ce n’est l’octroi de la citoyenneté libanaise ne changent les équilibres déjà précaires maintenus dans le système « confessionnaliste » libanais.
« La paix dont on parle aura des répercussions sur l’ensemble du pays, a souligné le patriarche d’Antioche des maronites. Mais il se peut que nous soyons ceux qui sont appelés à payer le prix le plus élevé si nous ne savons pas comment affronter les défis avec courage en étant unis et solidaires »
L’implantation des réfugiés palestiniens constitue, selon le prélat maronite cité par le quotidien de Beyrouth « L’Orient-Le Jour », le prix le plus élevé que le Liban pourrait payer: « Ceux qui sont influents sur la scène internationale disent que les réfugiés palestiniens doivent rester dans les pays où ils sont installés. Si cela est possible dans les pays qui ont une très grande superficie, cela est impossible au Liban en raison de l’étroitesse de son territoire et de la densité élevée de sa population. La moitié du territoire libanais, constitué de hautes montagnes, est inhabitable. Par ailleurs, les délicats équilibres au Liban ont poussé les auteurs du document de Taëf à dire qu’il n y aura ni implantation ni partage au Liban. Si cette équation est violée, le Liban risque de disparaître. On ne corrige pas une erreur par une autre erreur. Et aucune force au monde ne peut imposer à un peuple quelque chose qu’il rejette ».
La question des réfugiés concerne directement le Liban
Après l’office religieux célébré à Dimane, Mgr Sfeir a reçu M. Talal Merhabi, député du Akkar, qui a également réaffirmé le refus du Liban d’admettre une implantation des Palestiniens. Le Premier ministre Sélim Hoss a lui aussi prévenu dimanche que le Liban entendait avoir son mot à dire sur la question des réfugiés palestiniens, qui le concerne directement. « Tantôt nous entendons dire que la question des réfugiés est à aborder dans le cadre du volet palestinien des négociations sur le statut final et tantôt que cela est un des points des négociations multilatérales », a déclaré M. Hoss. « Nous disons non. C’est une question qui concerne directement le Liban », a-t-il lancé lors d’une réunion à Beyrouth marquant le 10e anniversaire de l’enlèvement par un commando israélien d’un chef du Hezbollah, cheikh Abdel Karim Obeid. (apic/orj/be)
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