L’abbé Nyeme Tese lance un appel « aux rebelles, nos frères »
Kinshasa, 26 juillet 1999 (APIC) Malgré les Accords signés à Lusaka le 10 juillet dernier, guerre et insécurité sont encore à l’ordre du jour en République Démocratique du Congo (RDC). « Nous vivons dans l’angoisse et l’insécurité: l’on ne sait jamais à qui l’on a affaire et l’on ignore ce qui peut advenir à toute heure du jour », témoigne l’abbé Adalbert Nyeme Tese, président de l’Association des Moralistes Congolais (Amoco). Il lance un appel pathétique aux « rebelles, nos frères », pour mettre un terme à une guerre qu’il qualifie de particulièrement « absurde ».n « La population congolaise ne comprend rien à ce qui lui arrive, d’autant plus au moment où elle était en train de fournir des efforts pour son redécollage. La menace des pillages persiste et on ne sait contre qui et contre quoi ils sont dirigés… », déclare l’abbé Nyeme Tese, recteur de l’Université du Kasaï, dans une interview accordée à l’agence catholique DIA, à Kinshasa.
Certes, reconnaît-il, ceux qui ont travaillé avec Mobutu et aujourd’hui travaillent aux côtés de Kabila ne sont pas toujours parfaits, « mais il faut savoir faire la part des choses et accorder les concessions nécessaires pour éviter à la RDC d’être à la traîne des nations, faire des compromis qui épargnent à la population congolaise les affres de la guerre. »
Un conflit armé « absurde » qui disperse et ruine la population
L’abbé Adalbert Nyeme Tese relève que dans le conflit armé « absurde » qui se déroule actuellement en RDC sont impliqués les rebelles congolais, les armées ougando-burundo-rwandaises qui font face aux Forces armées congolaises secourues par le Zimbabwe, la Namibie et l’Angola. Les combats ont placé la population dans des conditions très précaires: refuge dans les forêts, pillages, destruction des liens familiaux ou claniques. Et le président de l’Amoco de s’écrier: « Ayons pitié de cette population! Si chacun des fils du Congo-Kinshasa se rend compte de ce que Dieu a accordé à ce pays, un vrai paradis, comme richesses en ressources humaines et matérielles, l’orgueil, les ambitions personnelles, l’égoïsme mis de côté, la solution pour la fin de la guerre actuelle reste possible! »
« Nous ne faisons que détruire ce que même le colonisateur nous a laissé »
Interpellant plus particulièrement les rebelles congolais, l’abbé Nyeme Tese leur dit: « Nous restons vos frères, nous partageons le même destin étant nés ensemble dans un même pays. La sagesse vous recommande de vous mettre autour d’une table avec vos frères, de vous dépasser en vue d’un idéal nouveau, de vous remettre avec nous au travail pour que notre pays soit plus beau qu’avant ». Le moraliste congolais déplore que pour le moment, « nous ne faisons que détruire ce que même le colonisateur nous a laissé: écoles, hôpitaux, etc. >>.
Le recteur de l’Université du Kasaï, après avoir lancé un appel à l’humilité et à l’amour du pays, estime qu’il est temps que les Congolais se livrent à un examen de conscience sérieux « et que nous puissions nous convertir pour nous adonner à notre seule tâche qui est de reconstruire notre pays et de le rendre digne. La logique de la guerre ne fait qu’engager dans un cycle de vengeances infinies. » (apic/dia/be)
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