Ninjas, Cocoyes, Cobras & Co: le Congo, proie de milices sans foi ni loi

Qu’ils soient membres des mystiques «ninjas» de l’ancien Premier Ministre Bernard Kolélas, des milices «cocoyes» de l’ancien président Pascal Lissouba, ou des «cobras» du président de facto Denis Sassou Nguesso, rien ne les distingue du point de vue idéologique. Le recrutement se fait sur la base de critères ethniques. Les troupes de base des milices «ninjas» sont des Laris de la région du Pool, les «cocoyes» se recrutent dans les ethnies du «Niboland» (régions de Niairi, Bouenza et Lekoumou), tandis que les «cobras» viennent plutôt du Nord. Ce dernier groupe armé accueille également des familles du PCT, le Parti Congolais du Travail, l’ancien parti unique marxiste-léniniste de Sassou Ngessou. «Finalement, ils ont tous la même idéologie: la culture du pillage», note un observateur de la scène congolaise.

Ces jeunes au service des caciques politiques et chefs de guerre ne sont pas payés. Comme ils ont une arme, ils s’en servent pour braquer et piller. Ils vont au combat drogués au chanvre! L’arme est un passe-partout, qui leur permet d’obtenir tout ce qu’ils veulent en toute impunité. Ils n’agissent pas du tout par idéal politique. Peu à peu, d’ailleurs, ces bandes échappent au contrôle des chefs qui leur ont fourni les «kalachnikovs».

Les milices congolaises n’ont pas d’armements lourds, contrairement aux soldats de l’armée angolaise du président Dos Santos, omniprésents dans les villes de Pointe-Noire, Dolisie et Brazzaville. Ce sont eux qui ont remis au pouvoir Sassou Nguesso à l’issue de la guerre civile en octobre 1997, en lui donnant la victoire contre Lissouba. Aujourd’hui, sans les Angolais, Sassou Nguesso ne ferait pas de vieux os. Quant à Lissouba, il soutenait les rebelles angolais de l’UNITA de Jonas Savimbi, qui passaient par le port de Pointe-Noire, et une autre guérilla angolaise, le Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC). (apic/be)

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