Liban: Un sommet islamo-chrétien pour empêcher l’implantation des réfugiés palestiniens
Beyrouth/Dimane, 29 juillet 1999 (APIC) Des responsables politiques libanais ont l’intention de mettre sur pied un sommet islamo-chrétien pour empêcher l’implantation définitive au Liban des réfugiés palestiniens. Quelque 300’000 d’entre eux se sont installés en plusieurs vagues dans le pays suite à la création de l’Etat d’Israël en 1948. Les autorités politiques et religieuses libanaises craignent que le pays ne fasse les frais d’un plan de paix global au Proche-Orient et que son fragile équilibre démographique et confessionnel ne soit mis en danger par la permanence des réfugiés.
Lors d’une visite mercredi au patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, dans sa résidence d’été de Dimane, des personnalités politiques ont fait état hier d’un projet de sommet islamo-chrétien dont le principal objectif est d’unifier les efforts des chefs religieux face à toute tentative d’implanter des Palestiniens au Liban. Des contacts seraient actuellement entrepris pour préparer ce sommet, au terme duquel un communiqué rejetant l’implantation serait publié.
De sources dignes de foi, rapporte jeudi le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour», on précise que ce communiqué serait distribué aux principales forces régionales et internationales. Le patriarche Sfeir recevait notamment le député Ahmed Karamé qui a mis l’accent sur les tentatives menées à l’échelle internationale pour promouvoir le projet d’implantation palestinienne au Liban.
4 millions de Palestiniens «exclus du processus de paix» ?
George Habache, chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), à l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement Sélim Hoss, a insisté lui aussi sur la nécessité de lutter pour le retour dans leurs foyers de 4 millions de Palestiniens disséminés dans le monde, «exclus du processus de paix». Habache, qui réside à Damas, a déclaré à la presse à Beyrouth que «la paix dont parlent les Etats-Unis et Israël signifie que 4 millions de Palestiniens doivent demeurer» hors de leur pays. «Le monde sait aujourd’hui qu’un Etat palestinien est inéluctable. Nos 30 ans de lutte l’ont imposé, mais l’Etat accordé est caricatural», affirme Habache cité par «L’Orient-Le Jour».
Le ministre libanais de l’Intérieur Michel Murr a confirmé que «les Libanais refusent catégoriquement l’implantation des Palestiniens». Il a indiqué que cette position est une réponse au ballon d’essai que constitue, selon lui, l’ouverture de ce dossier. Le quotidien de Beyrouth rappelle qu’en vertu de l’article 43 du projet de loi sur les naturalisations, les Palestiniens ne peuvent pas obtenir la nationalité libanaise.
Opposition grandissante au Liban face à l’installation définitive
Cet article avait été ajouté au texte à la suite de l’opposition grandissante à l’implantation des Palestiniens. Le conseil politique des Forces libanaises a appelé mercredi les autorités libanaises à ne pas se contenter d’exprimer le refus du Liban du principe d’une implantation des Palestiniens. Les FL ont demandé que cette question fasse l’objet d’une offensive diplomatique aux niveaux régional et international. (apic/orj/be)
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