Grèce: L’archevêque orthodoxe d’Athènes condamne à nouveau les frappes de l’OTAN
à la rupture entre le monde orthodoxe et l’Occident
Athènes, 1er juin 1999 (APIC) Le primat de l’Eglise de Grèce condamne une nouvelle fois en des termes très vifs les bombardements de l’OTAN en Yougoslavie, et accuse l’Occident de ne pas comprendre le monde orthodoxe. L’archevêque d’Athènes, Mgr Christodoulos met le doigt sur l’un des graves problèmes de cette guerre, aux répercussions incalculables sans doute, à savoir le fossé de plus en plus béant entre les pays de l’Occident et le monde orthodoxe.
« Nous ne sommes pas d’accord avec les dirigeants occidentaux qui lancent des bombes et détruisent la vie d’innocents, mais personne ne nous écoute », a déploré l’archevêque Christodoulos d’Athènes lors d’une rencontre internationale de journalistes chrétiens orthodoxes, tenue fin mai à Athènes.
Seuls une reconnaissance de la tradition orthodoxe par l’Occident d’une part, et le témoignage pratique et quotidien de leur ancienne tradition par les orthodoxes d’autre part, pourront prévenir une nouvelle division de l’Europe, a ajouté l’archevêque Christodoulos.
« L’Occident pense que la civilisation occidentale s’arrête là où commence l’orthodoxie. Nous devons prouver et démontrer que notre civilisation est le fondement de la civilisation occidentale. La civilisation européenne a commencé avec le christianisme grec byzantin et aussi avec le christianisme romain ».
La mondialisation est également « problème commun » aux Eglises orthodoxes et aux pays de tradition orthodoxe, a-t-il dit. « C’est un danger pour notre identité spirituelle ». Les orthodoxes doivent apporter leur « contribution » au monde moderne en mettant en pratique leurs valeurs et en parlant de leur ancienne tradition dans une langue qui soit compréhensible et moderne.
Le discours de l’archevêque d’Athènes s’inscrit dans le cadre de visite en Grèce du patriarche Bartholomée Ier, qui se terminera le 7 juin.
A noter que 32 journalistes et 75 participants à la conférence ont signé une déclaration condamnant les frappes de l’OTAN contre les bâtiments de la radio et de la télévision à Belgrade, et demandé aux pays membres de l’OTAN de cesser leurs attaques contre la Yougoslavie « afin qu’un règlement pacifique et juste » du conflit soit trouvé.
« Nous pleurons toutes les victimes de la guerre en Yougoslavie. En tant que chrétiens orthodoxes, nous condamnons tout acte d’agression », soulignent les journalistes qui expriment leur « consternation » devant le bombardement délibéré des installations de la radio et de la télévision. « Nous ne pouvons interpréter cela autrement qu’une guerre contre la presse. De tous les actes de censure que nous avons vus durant cette guerre, celui-ci est le pire ». (apic/eni/pr)
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