Mgr Wouking brosse un sombre tableau
Rome, 2 juin 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a reçu mardi les évêques du Cameroun, à l’occasion de leur visite « ad limina ». Leur dernière visite quinquennale à Rome remontait à juin 1992, le pape s’étant rendu entre-temps au Cameroun en septembre 1995, à l’occasion de la promulgation de l’exhortation apostolique concluant le Synode pour l’Afrique. Il s’agissait alors du second voyage de Jean Paul II au Cameroun, le premier ayant eu lieu en août 1985.
Le président de la Conférence épiscopale du Cameroun, Mgr André Wouking, évêque de Bafoussam, a salué dans son rapport la création récente de nouveaux diocèses dans le pays, ainsi que le nombre « toujours croissant » des petits et grands séminaires, signes d’un certain dynamisme missionnaire. Parmi d’autres « progrès significatifs », l’évêque a mentionné le succès de l’Université catholique d’Afrique centrale, qui se confond pour le moment avec l’Institut catholique de Yaoundé. Officiellement ouverte en 1991, elle est « très vite devenue une référence en Afrique », a-t-il assuré.
Décrivant la situation générale du Cameroun, le prélat a noté que la démocratisation tarde à trouver ses marques dans une région mise à feu et à sang par ses leaders politiques. « Il faut maintenant passer à une autre étape », a-t-il insisté, celle où sont respectées les règles élémentaires de la démocratie, telles la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse et le respect des droits de l’homme.
« La pauvreté ambiante a élu domicile chez nous », a encore expliqué Mgr Wouking, avec 50,5 % de pauvres, contre 40 % en 1984. Déplorant par ailleurs l’oubli des « valeurs morales les plus élémentaires » dans le pays, l’évêque a expliqué que certains diocèses mettent en place des programmes de formation des laïcs pour remédier à cette situation dramatique.
La recherche du bien commun
Dans des situations humaines souvent difficiles, a répondu Jean Paul II, les communautés chrétiennes ont besoin de pasteurs qui soient « des hommes de foi, humbles et courageux », des « semeurs d’espérance », des « guides sûrs dans la recherche de la vérité » par leurs paroles « claires et vraies, sans entrave d’aucune sorte ». La recherche du bien commun, a ajouté le pape, comporte aussi le devoir de lutter courageusement contre toutes les formes de corruption, de gaspillage ou de détournement de ce qui appartient à la collectivité au profit de quelques-uns.
Jean Paul II a aussi parlé aux évêques des relations avec les autres traditions religieuses. Relevant que celles-ci sont généralement paisibles au Cameroun, il a invité les catholiques à profiter de ce « temps favorable » à travailler – particulièrement avec les musulmans, mais aussi avec « les adeptes de la religion traditionnelle africaine » – au service du développement intégral et de la justice dans un esprit réellement fraternel et respectueux. (apic/imed/pr)
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