Moscou : L’éventualité d’une visite du pape suscite les réserves de l’Eglise russe
Moscou, 4 juin 1999 (APIC) L’éventualité d’une visite du pape a Moscou provoque toujours de fortes réticences du côté de l’Eglise orthodoxe russe. Or la possibilité d’une tel voyage, très souhaité par Jean Paul II, a pris une nouvelle réalité le 25 mai à Rome, avec l’invitation de l’influent maire de Moscou, Yuri Luzhkov. Une visite papale en Russie ne peut cependant avoir lieu sans l’approbation de l’Eglise orthodoxe.
Pour Viktor Malukhin, porte-parole de l’Eglise orthodoxe russe, une visite du pape devrait tenir compte du niveau des relations entre Eglises, qui sont loin d’être satisfaisantes. Le pape ne peut pas être seulement l’invité d’un Etat ou d’une ville. Sa venue serait en effet inévitablement perçue comme une visite d’un chef d’Eglise et non de l’Etat du Vatican. .
Le pape Jean-Paul II n’a jamais caché son désir de se rendre en Russie. Début mai, il a effectué sa première visite dans un pays majoritairement orthodoxe, la Roumanie. Un voyage dont le succès marque sans doute une percée dans les relations entre les catholiques et les orthodoxes et un précédent qui pourrait ouvrir la voie à une visite à Moscou.
Mais certains responsables orthodoxes restent fermement opposés à toute visite du chef de l’Eglise catholique romaine. Vladimir Kuchumov représentant du patriarcat de Moscou en Italie, a fait observer au correspondant de l’agence oecuménqiue ENI que le dialogue entre son Eglise et le Vatican était bloqué depuis que le primat de l’Eglise russe, le patriarche Alexis, a annulé la rencontre prévue avec le pape à Vienne en 1997.
La cause principale de controverse entre l’Eglise orthodoxe russe et le Vatican reste la situation en Ukraine occidentale, où la renaissance de l’Eglise gréco-catholique fidèle à Rome a réduit l’influence de l’Eglise orthodoxe locale. Les disputes portent notamment sur la restitution et la propriété des biens ecclésiastiques. L’Eglise russe souhaite que le Vatican exerce son autorité pour mettre fin à cette querelle.
Le 24 mai – veille de la rencontre entre le pape et le maire de Moscou – le patriarche Alexis II a déclaré aux journalistes qu’il ne pourrait rencontrer le pape Jean-Paul II tant que le conflit ukrainien ne serait pas réglé. Le lendemain cependant le patriarche Alexis a rencontré le cardinal Achille Silvestrini, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales. Il a invité la Congrégation à participer aux négociations concernant la question ukrainienne. (apic/eni/mp)
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