Vaud: Assemblée générale ordinaire des catholiques du canton
Nyon, 10 juin 1999 (APIC) Les catholiques vaudois ont tenu leur assemblée générale ordinaire mercredi 9 juin près de Nyon. Relations Eglise/Etat, compte 1998 et bénévolat figuraient au menu. L’APIC publie ci-dessous in extenso le compte-rendu de cette assemblée:
Les catholiques du canton de Vaud réunis, mercredi 9 juin, en assemblée générale ordinaire à la Station Fédérale de Changins ont approuvé les comptes 1998 légèrement positifs de la Fédération des paroisses. En primeur et sous le regard admiratif du Président du Gouvernement vaudois, ils ont aussi pris connaissance du nombre très important de bénévoles au service de leur Eglise, d’emblée remerciés par Mgr Pierre Bürcher.
D’après une enquête interne, lancée début mars auprès des 54 paroisses et 16 missions linguistiques que compte l’Eglise catholique de ce canton ainsi qu’à Caritas-Vaud, les résultats qui viennent d’aboutir sous la forme d’un recensement font état de 10’000 personnes exerçant une activité bénévole. Alors que près de 600 professionnels, prêtres et laïcs confondus, sont salariés. En tenant compte de l’effet démultiplicateur du travail de ces derniers, cela signifie qu’un salarié entraîne en moyenne 17 bénévoles. De l’avis du Président de la Fédération des paroisses catholiques, Bruno Vocat, « ces chiffres très réjouissants témoignent de la vivacité de l’Eglise vaudoise et font prendre conscience de l’importance, de la diversité et de la richesse des engagements individuels ». Une manière en tout cas, sans n’en tirer aucune gloire, de mieux apprécier la multiplicité des vocations que suscite la communauté ecclésiale dont il est question.
Encore quelques chiffres…
Les comptes 1998 relèvent eux aussi d’une situation positive: augmentation des produits, respect budgétaire des charges et attributions à des réserves. L’exercice boucle finalement par un excédent des recettes de 6’782 francs, le total des produits s’élevant 11’702’900 francs et celui des charges à 11’696’118 francs. Les membres de l’assemblée ont approuvé ces comptes à l’unanimité.
Les relations Eglises-Etat
Autre point important à l’ordre du jour, l’intervention très attendue du Président du Gouvernement sur les relations entre les Eglises reconnues et l’Etat de Vaud. Quelques jours seulement après les conclusions de la Table ronde, à laquelle l’Eglise catholique a participé activement, le conseiller d’Etat Claude Ruey s’est voulu très explicite. « Je crois de plus en plus que l’Etat doit reconnaître la mission de service public et service social de l’Eglise, ainsi que les besoins spirituels du citoyen et de la société, a-t-il déclaré. Mais, les autorités ne disposent pas d’un pouvoir absolu. Le seul absolu est en Dieu ». Et de poursuivre par cette conviction personnelle: « C’est bien en cela que réside pour moi la distinction qu’il y a à opérer entre le spirituel et le politique. Distinction et non pas séparation… ». Allusion aux débats à venir de la Constituante vaudoise ou message clair à l’endroit de certains de ses membres qui militent déjà ouvertement en faveur d’une séparation Eglises-Etat? Quoiqu’il en soit, Claude Ruey n’a pas davantage caché sa ferme intention de pousser plus avant encore, dans un esprit d’écoute et de paix, l’actuelle concertation relative à la révision de la Loi ecclésiastique concernant l’Eglise évangélique réformée. « Certes, elle touchera indirectement les catholiques vaudois, mais elle ne péjorera pas votre Statut », a-t-il conclu. (Jean-Charles Zufferey)
Pologne: Jean Paul II s’adresse aux catholiques orientaux de Pologne et d’Ukraine
Rappel historique de la fidélité des uniates
De notre envoyée spéciale, Caroline Boüan
Siedlce, 10 juin 1999 (APIC) Pour la 6ème journée de son voyage, Jean Paul II s’est rendu à Siedlce, dans la région de Podlasie, à mi-chemin entre Varsovie et la ville de Brest, en Biélorussie. C’est précisément là que le pape a choisi de s’adresser aux catholiques de rite oriental de Pologne et d’Ukraine. En célébrant leur esprit de résistance pour être restés fidèles à Rome.
C’est un pape souriant, au visage hâlé par le soleil, qui a repris jeudi sa tournée des diocèses polonais, après une journée de repos qui lui aura permis de se promener en bateau sur le lac de Wigry, à quelques km. de la frontière lituanienne, et de rendre visite à une famille de paysans du village proche du monastère où il était hébergé.
Durant toute la journée de jeudi, Jean Paul II a fait constamment référence aux catholiques de rite oriental appelés souvent « uniates » dont les origines remontent à l’Union de Brest en 1596, par laquelle les évêques orthodoxes de la République de Pologne de l’époque reconnaissaient l’autorité du pape. La ville de Siedlce est aussi connue par un drame encouru durant la Deuxième guerre mondiale: l’importante communauté juive – un tiers de la population de la ville – a été déportée et anéantie par les nazis dans le camp de la mort de Treblinka.
L’événement de l’Union de Brest était évoqué à Siedlce par l’autel construit en forme de « U » où Jean Paul II a célébré la messe en présence de l’archevêque des gréco-catholiques polonais, Mgr Jan Martyniak, des autres évêques polonais et ukrainiens de rite oriental, et enfin de plusieurs évêques de Russie, de Biélorussie et du Kazakhstan, entourés d’une foule de plus de 500’000 personnes.
Les treize martyrs de Pratulin
Durant son homélie, Jean Paul II a rappelé un événement cher aux catholiques orientaux du diocèse de Siedlce, celui des treize martyrs de Pratulin, qu’il a béatifiés en 1996. En 1874, alors que les autorités dépendantes du tsar avaient interdit l’Eglise Uniate en Podlasie, ils furent fusillés par les soldats russes tandis qu’ils défendaient leur église uniate contre sa
transformation en une église orthodoxe.
Les gréco-catholiques du XXème siècle ont eu le « même esprit » de « fidélité au Christ » et de « fidélité à l’Eglise », a fait remarquer Jean Paul II, en rappelant la suppression forcée de l’église uniate sous le régime communiste, de 1946 à 1989. L’humanité d’aujourd’hui a besoin du même « authentique témoignage de foi » de la part des laïcs chrétiens, a alors affirmé le pape, qui a invité catholiques latins et orientaux à s’unir pour « transformer » le monde dans « l’esprit de l’Evangile », et particulièrement le monde vaste et compliqué de la politique, de la réalité sociale, de l’économie, de la culture, de la vie internationale et des communications sociales. La nouvelle évangélisation a-t-il ajouté, a besoin de personnes prêtes à affronter des sacrifices. Jean Paul II a conclu son homélie en entonnant un cantique polonais aussitôt repris par la foule, et suivi un peu plus tard de chants liturgiques orientaux, chantés par des séminaristes gréco-catholiques.
Rencontre oecuménique
Dans l’après-midi de jeudi, avant de rejoindre Varsovie, le pape a présidé une rencontre oecuménique à Drohiczyn, à une quarantaine de km de la frontière biélorusse, dans un diocèse où 40 % de la population est orthodoxe. En présence d’un nombre important d’orthodoxes, mais aussi de luthériens, et de représentants d’autres communautés ecclésiales non-catholiques. Jean Paul II a renouvelé son appel à travailler pour l’unité des chrétiens, à travers un examen de conscience de la part de tous, portant sur les responsabilités de chacun dans les divisions encore existantes. Un appel lancé dans une ville autrefois particulièrement éprouvée par les divisions, le fleuve Bug traversant Drohiczyn ayant souvent servi de frontière, que ce soit entre la Prusse et l’Autriche, entre la Russie et la Pologne, ou entre les Allemands et les Soviétiques. (apic/imed/ba)
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