Cracovie: le pape victime d’un virus doit renoncer a célébrer la messe

Des photos de ce reportage sont disponibles auprès de l’APIC

Jean Paul II frustré d’une rencontre avec un million de fidèles

De notre envoyée spéciale Caroline Boüan

Cracovie, 15 juin 1999 (APIC) Jean-Paul II a dû se résigner à passer la journée du 15 juin au lit dans l’archevêché de Cracovie, au lieu de célébrer la messe comme prévu au centre de la ville. Plus d’un million de personnes l’ont attendu en vain sous la pluie durant plusieurs heures pour célébrer le millénaire de la fondation du diocèse de Cracovie. Le pape est atteint d’une fièvre probablement liée à un virus, a expliqué le porte-parole du Saint-Siège, en précisant que Jean Paul II suit un traitement contre la grippe et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter.

C’est la première fois que Jean-Paul II doit annuler une cérémonie au cours d’un voyage à cause de son état de santé. Au Vatican en revanche, il est souvent arrivé qu’il doive être remplacé pour des audiences ou des célébrations. Ce fut le cas notamment à son retour du Mexique et des Etats-Unis, au début du mois de février 1999, où son programme avait suspendu du 1er au 3 à cause d’une grippe.

Il a été difficile cette fois pour Jean-Paul II de renoncer à ce rendez-vous qui lui tenait particulièrement à cœur. Le pape est en effet très attaché à sa ville de Cracovie où il s’était installé en 1938 à l’âge de 18 ans, alors qu’il commençait ses études de philologie à l’université. C’est à Cracovie que Karol Wojtyla a été ordonné prêêtre en 1946, puis consacré évêque en 1958, et enfin nommé archevêque en 1964. Depuis son élection pontificale, Jean-Paul II avait tenu à visiter Cracovie au cours de presque tous ses voyages pontificaux, en 1979, 1983, 1987, 1991 et 1997. C’est là que les foules étaient le plus nombreuses pour l’accueillir.

C’est finalement le cardinal Angelo Sodano qui a célébré la messe à Cracovie tandis que l’archevêque de la ville, le cardinal Franciszek Macharski a lu l’homélie qu’aurait dû prononcer le pape. Dans ce texte, Jean-Paul II évoque l’histoire religieuse de son ancien diocèse, en l’honneur du millénaire de sa fondation célébré cette année.

C’est grâce à l’ »ambiance de foi » des dix siècles d’existence de ce diocèse que l’archevêque de Cracovie devait, malgré la « faiblesse de l’homme », accepter le ministère de Pierre le 16 octobre 1978, relève le texte du pape. La foule, de son côté, a lancé des souhaits de bonne santé à Jean-Paul II, même si certains groupes ont quitté les lieux dès l’annonce de l’annulatio de sa venue.

Pas de quoi s’inquiéter

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont entouré silencieusement l’archevêché de Cracovie où Jean Paul II est soigné pour sa « légère fièvre ». La place située devant l’édifice était cependant interdite à la foule, pour permettre au pape de se reposer, et par crainte que les fidèles anxieux d’avoir des nouvelles n’envahissent les lieux. La veille en effet, des groupes de fidèles y étaient restés jusqu’à minuit pour chanter et lancer à Jean-Paul II des souhaits de bienvenue, tout en lui demandant d’apparaître à sa fenêtre pour leur parler.

Le porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro-Valls est intervenu vers midi à la télévision polonaise pour inviter les Polonais à ne pas s’inquiéter. « Même le pape a une personne à qui obéir », a-t-il plaisanté. « C’est le médecin ! Et le médecin a dit au pape de se reposer ». Le cardinal Jean-Marie Lustiger a témoigné de son côté au micro d’Europe 1 que Jean-Paul II lui était apparu « très fatigué » la veille au soir. « Son programme était trop chargé. » Le cardinal Sodano a précisé lui sur France Inter que Jean-Paul II avait suivi la messe du matin à la télévision, et devrait être suffisamment remis pour pouvoir suivre le programme prévu mercredi. En revanche, du côté de la Conférence épiscopale polonaise, on laissait entendre que le détour du Pape par l’Arménie le 18 juin serait finalement annulé.

Si son état de santé le permet, Jean-Paul II se rendra mercredi à Wadowice une cinquantaine de kilomètres de Cracovie, après avoir canonisé le matin une religieuse polonaise du XIIIe siècle, Soeur Kinga, à Stary Sacz, situé cette fois à une centaine de kilomètres. Du fait que son séjour à Cracovie est allongé d’une demi-journée, en vue de son départ pour l’Arménie le matin du 18 juin, le Pape pourrait avoir le temps, si sa santé l’y autorise, de rencontrer les habitants de son ancien diocèse dans l’après-midi de jeudi 17 juin. (apic/cb/mp)

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