Vienne: L’évêque de Bâle invité à s’exprimer sur la crise des vocations sacerdotales
(APIC) Derrière la crise des vocations sacerdotales se cache un problème beaucoup plus sérieux que la question du célibat, estime Mgr Kurt Koch. Invité de la Faculté de théologie catholique de Vienne, l’évêque de Bâle prône la tenue d’un Synode des évêques ou même d’un Concile qui s’occuperait exclusivement de la question des ministères dans l’Eglise. Cette rencontre devrait également aborder l’accès des femmes au diaconat et au sacerdoce.
Si certains espèrent que le prochain pape donne le feu vert à une large ouverture du sacerdoce, Mgr Koch estime qu’il doit s’agir d’une décision commune de l’épiscopat universel. La question de l’ordination d’hommes mariés (viri probati), qui ne pose pas de problème théologique, pourrait néanmoins être prise à un niveau régional.
L’évêque de Bâle se méfie cependant des tendances particularistes, qu’il connaît à l’intérieur de son propre diocèse. «Nous avons besoins de priorités et de structures régionales, mais la revendication de base est la même: ’faire tout seuls’». Ce qui pose de sérieux problèmes à l’Eglise en Suisse. «En Suisse un évêque est comme un chien tenu en laisse par les paroisses, qui doit mendier de l’argent et qui doit aller chercher pour elles la saucisse pendue à Rome», explique Mgr Koch.
Une des conséquences malheureuses du manque de prêtres est pour Mgr Koch la transformation des assistants pastoraux en «ersatz de prêtres» ou en «ministres sans ordination». Une évolution en contradiction avec l’ecclésiologie catholique qui veut que le ministère soit lié à l’ordination sacramentelle. «Le ministère ne provient pas des hommes mais du Christ», insiste l’évêque de Bâle.
Même dans le dialogue œcuménique, on est uni sur le fait que les trois fonctions du ministère ecclésial – la présidence des célébrations sacramentelles, la direction de la communauté et la proclamation de l’évangile – sont liées à l’ordination. Or dans la pratique de notre Eglise locale, c’est le contraire qui se passe, relève Mgr Koch.
Trouver une issue à ce problème ne peut être que le fait d’un synode des évêques ou d’un Concile. De même une clarification du rôle du diacre permanent est indispensable. (apic/kap/mp)
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