Philippines: Message d’une ancienne «Spice Girl» sur fond de contrôle des naissances

Les Eglises du pays montent aux barricades et condamnent

Manille, 17 juin 1999 (APIC) La visite aux Philippines d’une ancienne « Spice Girl », Geri Halliwell, ambassadrice itinérante du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) – pour promouvoir l’utilisation de préservatifs, a provoqué une vague de critiques à travers le pays.

Des cadres féminins des Eglises catholique et protestante ont condamné la visite de Geri Halliwell, dont c’est la première tournée en tant qu’ambassadrice du FNUAP. Selon les Eglises, les programmes de relations sexuelles sans risque recommandés par cette jeune femme de 27 ans encouragent la promiscuité, les relations avant le mariage et une conduite irresponsable.

Demander à une jeune femme qui est devenue l’idole de nombreuses jeunes filles de faire passer ce message est encore plus dangereux et donne aux relations sexuelles une valeur commerciale, estiment-elles. « Réduire l’amour à des relations sexuelles, tel est le message que l’on veut faire passer », déplore l’évêque Ellen Briones, la seule femme évêque de l’Eglise unie du Christ des Philippines. Alors que les femmes devraient pouvoir choisir le contrôle des naissances, la permissivité, promue par Geri Halliwell, est inacceptable, en particulier parmi les jeunes filles. « C’est dangereux, c’est comme faire la promotion de drogues. »

Ellen Briones, qui se dit féministe, souligne que le recours à la contraception doit être le résultat d’un accord réciproque entre le mari et la femme dans le contexte d’une vie de couple marié.

Certains pensent que Geri Halliwell a été choisie en raison de sa célébrité et du succès qu’elle remporte auprès des très jeunes filles, et cela les irrite. « Pourquoi avoir choisi une ’Spice Girl’ », s’interroge la soeur catholique Mary John Mananzan, présidente de l’association Gabriela. « Si la contraception est pour les gens mariés, ce n’est pas nécessaire qu’une ’Spice Girl’ en fasse la promotion. C’est terrible pour les adolescentes qui l’écoutent ». Soeur Mananzan, qui est aussi directrice d’un collège de filles, a déclaré que Gerri Halliwell « n’est pas la bienvenue dans notre institut ». Ce collège prépare les jeunes filles aux études supérieures et prodigue des cours d’éducation sexuelle dès l’enseignement secondaire.

Pressions sur le gouvernement…

Geri Halliwell, connue sous le nom de « Ginger Spice » lorsqu’elle faisait partie d’un groupe de chanteuses très connu, est arrivée à Manille le 14 juin pour une visite de deux jours, afin de rencontrer les bénéficiaires de projets informant sur les moyens de contraception et le contrôle des naissances, en particulier des jeunes. Peu après son arrivée, elle a déclaré: « Je crois que chacun a le droit de contrôler sa vie, de contrôler sa fécondité, et de se protéger contre la maladie et les grossesses non désirées. Ce devrait être le droit fondamental de tous ».

Selon les journaux philippins, les organismes internationaux ont exercé des pressions sur le gouvernement philippin pour qu’il encourage le contrôle des naissances. Le taux de croissance de la population est de 2,3 % par année, et 32 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. (apic/eni/pr)

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