Lui, le Verbe de Dieu, le sans «tâches» a-t-il besoin d’un baptême de conversion? Bien sûr que non. Mais ce questionnement nous aide, non seulement à mieux comprendre notre propre baptême, avec son dynamisme intérieur, mais aussi à nous faire entrer dans le mystère de notre origine et de ce à quoi nous sommes appelés.
Il y a là, toute une pédagogie de Dieu qui se veut être le plus proche de nos réalités et c’est bien pour cela que Jésus est venu se glisser dans la foule qui se pressait autour de Jean le baptiste.
« Le baptême de Jésus: geste de fidélité à la tradition et à la volonté de son Père »
N’oublions pas qu’à son époque, dans le monde juif, l’identité d’un être humain ne se réalise que dans sa manière de répondre à l’appel de Dieu. Cela explique l’attente du peuple à l’égard de Jean le Baptiste: qui est-il? N’est-il pas le Christ?
C’est donc dans ce contexte d’appartenance que Jésus est baptisé: une fidélité à la tradition. Mais aussi une ouverture à répondre au dynamisme de la vie qui est pour Jésus, la réponse à la volonté du Père. C’est la réponse de Jésus à Jean le baptiste «Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice», entendez le mot «justice» comme ma fidélité à la volonté de Dieu, mon Père.
« Comme baptisés, nous nous inscrivons par l’eau et l’Esprit Saint dans ce nouveau chemin qu’est Jésus lui-même »
Ensuite, le baptême de Jésus est le signe d’un commencement, d’une nouvelle naissance, de la proposition d’un chemin qui ne cesse désormais de s’offrir à nous et c’est le deuxième message de cet évangile: celui de nous renvoyer au sens profond de notre baptême dont la Source est le Christ serviteur.
Enfin, voilà ce dont nous avons à prendre conscience comme baptisés : nous sommes appelés à «prendre sa suite avec confiance», cela veut dire que nous nous inscrivons par l’eau et l’Esprit Saint dans ce nouveau chemin qui est Jésus lui-même. Et prendre sa suite avec confiance, c’est reconnaître au plus profond de nous la puissance de notre baptême qui se manifeste à chaque fois que se réalise en nous notre vocation de serviteur de Dieu.
« Le baptême nous inscrit dans la fragilité humaine, afin de chercher à comprendre le monde, et non pas à le condamner »
Frères et sœurs, notre humanité aussi fragile et incertaine soit-elle parfois, n’est-elle pas d’abord le lieu du partage, de l’accueil et de la solidarité avec celles et ceux qui cherchent aussi une lumière dans leur existence? Le baptême nous inscrit désormais dans cette fragilité reconnue, pardonnée et transfigurée. Il creuse en nous le chemin qui nous conduit au Père.
Le temps de Jésus comme celui d’aujourd’hui nous renvoie à des enjeux fondamentaux sur le sens de ce que nous vivons et notre agir. Ce monde d’aujourd’hui nous appelle à chercher à le comprendre …et non pas à le condamner.
La grâce de notre baptême n’est-elle pas le lieu de cette espérance à partager et qui rejoint tout être humain dans sa quête de sens que nous rappelle Matthieu à la fin de son évangile? «Allez donc de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…» (Mt 28,19-20)
Frère Michel Fontaine OP | Vendredi 9 janvier 2026
Mt 3, 13-17
Alors paraît Jésus.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/blogsf/evangile-de-dimanche-pourquoi-sinterroger-sur-le-bapteme-de-jesus/