«Un seul corps, un seul Esprit»: Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

«Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance»: c’est sur cette affirmation de la lettre de Paul aux Éphésiens (4,4) que s’articule la démarche de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens du 18 au 25 janvier 2026.

Cette année, les prières et réflexions pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été préparées par les fidèles de l’Église apostolique arménienne. En Éphésiens 4,4, l’apôtre Paul souligne l’unité profonde sur laquelle repose l’Église dans le monde entier. Cette unité s’enracine dans le seul Esprit et la seule espérance liant tous les chrétiens dans leur foi, expliquent les Arméniens. «Le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint a fait naître de sa flamme la mission de l’Église sur terre. Ce même Esprit nous stimule et nourrit notre mission commune aujourd’hui, favorisant une Église universelle qui transcende les frontières nationales et culturelles. Notre espérance commune dans le salut par Jésus Christ est la pierre angulaire de cette unité, rassemblant des peuples divers en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.» «Notre tâche est de veiller à ce que cette unité ne soit pas seulement un concept mais une réalité vécue, renforçant notre mission commune et notre amour les uns pour les autres.»

La force transformatrice de l’Esprit Saint

«Dans un monde où les traditions et les expressions de la foi chrétienne sont multiples et souvent source de division, Éphésiens 4,4 nous rappelle que tous les croyants font partie de «l’unique corps» du Christ. Cette unité n’est pas une question d’uniformité, mais un engagement commun à l’égard des vérités fondamentales de la foi chrétienne. Elle constitue un puissant témoignage de la force transformatrice de l’Esprit Saint lorsque des chrétiens d’origines diverses se rassemblent autour d’une vision et d’un objectif communs, avec authenticité et sincérité», souligne le texte de la méditation.

La riche histoire de l’Église arménienne jalonnée de martyrs, en dit long sur ses efforts inébranlables et sa résilience pour maintenir la foi chrétienne en Arménie et dans la région environnante. L’unité au sein de l’Église devrait transcender toute affirmation doctrinale; il s’agit d’une expérience vécue qui approfondit l’identité spirituelle et renforce le témoignage commun, rappelle le texte.

«En vivant dans l’unité, non seulement nous témoignons de l’amour et de la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ, mais nous incarnons également l’essence de ses enseignements. En nous soutenant les uns les autres et en célébrant la diversité de nos dons et de nos talents, soyons le reflet du cœur du Christ et faisons progresser son œuvre sur terre.» (cath.ch/mp)

Manifestations en Suisse romande
De nombreuses paroisses en Suisse romande proposent des temps de rencontres, d’échanges et de prière à l›occasion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. La communauté de travail des Églises chrétiennes de Suisse (CTEC) coordonne les diverses actions. Le canton de Vaud propose un abondant programme. Les communautés chrétiennes de Genève organisent une célébration œcuménique le dimanche 18 janvier à 17h, à l’église catholique de Vésenaz .
L’Église à Neuchâtel propose entre autres deux conférences de Thierry Collaud et de l’abbé Christophe Godel.
À Fribourg divers temps de partage, animeront la semaine.
Dans le diocèse de Sion, une célébration rassemblera les chrétiens le 20 janvier à Monthey.
Dans le Jura pastoral, les paroisses réformée et catholique vivront une célébration commune, le 18 janvier à l’église Notre-Dame de Moutier à 10h. Également dans le diocèse de Bâle, RTS religion propose le dimanche 25 janvier une matinée œcuménique radiodiffusée de 9h à 11h sur RTS Espace 2 en direct de La Neuveville (BE).

Une longue tradition
Les prémisses de la prière pour l’unité des chrétiens remontent déjà au XIXe siècle, à l’initiative de communautés issues de la Réforme. On perçoit alors de nombreux rapprochements chez les chrétiens non-catholiques, mais, à l’époque, l’Eglise catholique refuse d’y adhérer, puisque que sa conception de l’unité consiste en un simple retour au bercail des brebis égarées.
Face à ces volontés d’union ou d’alliance, le pape Léon XIII, à la fin du siècle, invite cependant les catholiques à instaurer une neuvaine de prière dans le temps de Pentecôte pour «hâter l’unité du peuple chrétien».
Après diverses initiatives dans le monde anglo-saxon à partir des années 1900, c’est finalement l’abbé Paul Couturier (1881-1953), prêtre diocésain de Lyon, qui donnera l’impulsion décisive à la forme actuelle de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens en 1935. Dès lors, l’«œcuménisme spirituel» est né: les divers rameaux de la chrétienté peuvent s’approprier une prière dépourvue de tout accent prosélyte.
Depuis 1966, la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens proposent une semaine de prière universelle pour l’unité des chrétiens. Chaque année, un groupe œcuménique à travers le monde propose un thème et prépare des textes bibliques, une méditation pour chaque jour et une ébauche de célébration. MP

L’église du patriarcat arménien d’Etchmiadzine (photo Maurice Page)

L’Église apostolique arménienne.
Fondée au début du IVe siècle, l’Église apostolique arménienne est reconnue comme l’une des plus anciennes communautés chrétiennes dans le monde. Elle  a joué un rôle essentiel dans la formation de l’identité spirituelle et historique du peuple arménien pendant près de deux millénaires. Elle incarne la résilience nationale, l’héritage culturel et la force spirituelle. Au-delà de son rôle de guide spirituel, l’Église a sauvegardé les traditions, la langue et les valeurs arméniennes. Aujourd’hui, encore face à des défis tels que le conflit du Nagorno-Karabakh et le déplacement de la population de l’Artsakh, l’Église continue d’être source de force et de réconfort pour la population.
Pour la nombreuse diaspora des Arméniens du monde entier, l’Église reste un point de repère important. Doté d’un très riche patrimoine spirituel, artistique et architectural  l’Eglise arménienne rayonne bien au-delà des frontières du pays. Le Saint-Siège d’Etchmiadzine, situé près d’Erevan, est le centre spirituel et administratif de l’Église apostolique arménienne.
A noter qu’il existe aussi une Église arménienne catholique dont les membres ont accepté l’union avec l’Eglise romaine en 1439. D’autres rapprochements eurent encore lieu aux XVIIe et XVIIIe siècle. MP

Maurice Page

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/un-seul-corps-un-seul-esprit-semaine-de-priere-pour-lunite-des-chretiens/