Cardinal Ratzinger: «l’Institution ne doit pas éteindre l’Esprit»
Rome, 21 juin 1999 (APIC) Une centaine d’évêques et de cardinaux provenant des cinq continents se sont retrouvés à Rome du 16 au 19 juin, un an après la rencontre de Pentecôte 1998 à Saint-Pierre où 200’000 personnes d’une cinquantaine de mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles avaient répondu à l’appel du pape.
Organisée par le Conseil pontifical pour les laïcs, en collaboration avec la Congrégation des évêques et la Doctrine de la foi, ce séminaire avait pour objectif de réfléchir sur le thème des relations entre les évêques et ces réalités ecclésiales «providentielles», selon les termes de Jean Paul II. Des tables rondes avec les fondateurs ou responsables de ces mouvements ont permis en outre une meilleure connaissance des différentes réalités existantes.
Dans un message lu en fin de colloque par le cardinal Francis Stafford, président du Conseil pour les laïcs, le pape s’est réjoui «de cette réflexion qui entre dans un projet apostolique qui lui ’est cher’, espérant que les discussions portent des fruits encore plus abondants pour le bien de toute l’Eglise».
D’une part, l’Eglise et ses pasteurs, confrontés aux défis actuels de la nouvelle évangélisation, sont «à la recherche de nouvelles formes d’annonce et d’action missionnaire». Le pape attire en particulier l’attention des évêques sur les communautés qui développent une profonde conscience de la grâce liée aux sacrements de l’initiation chrétienne et ont donc une vocation à être des témoins de l’Evangile dans tous les lieux de vie».
Une autre urgence pastorale pour le pape est «la formation de communautés chrétiennes comme des lieux authentiques d’accueil pour tous afin de ne pas réduire la foi à une expérience fragmentaire et occasionnelle. De ce fait, le pape reconnaît que la floraison de charismes et de mouvements est un motif d’espérance pour l’action missionnaire de l’Eglise».
Expériences personnelles du cardinal Ratzinger
Un moment particulier des ces trois jours de réflexion a été, en fin d’après-midi du mercredi, les deux heures de discussion animée avec le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Parlant de son expérience personnelle, le cardinal allemand avait vu, déjà fin des années 60, comment «l’Esprit-Saint créait un nouveau printemps», comme en réponse à deux expériences négatives vécues en Allemagne, à savoir la théologie qui s’éloignait de plus en plus d’une foi enthousiaste devenant ainsi «une discipline froidement scientifique», d’une part, et la «bureaucratisation de l’Eglise» d’autre part. A la question si ce phénomène doit être institutionalisé, le cardinal a répondu: «Une certaine structure est essentielle, tout en restant attentif à ce que «l’institutionalisation ne devienne pas ’une cuirasse sur la vie’. En d’autres termes, que l’élément institutionnel n’éteigne pas l’Esprit». (apic/imed/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-cloture-du-congres-sur-les-mouvements-ecclesiaux/