Chine: Les séminaristes peuvent étudier à l’étranger bien plus facilement qu’à Hong Kong
Hong Kong, 22 juin 1999 (APIC) Les autorités de Pékin accordent plus facilement aux séminaristes la permission d’aller étudier en Europe et aux Etats-Unis, qu’à Hong Kong, estime l’Agence Fides à Rome. En 1998, plus de 100 séminaristes sont venus en Occident, alors que 2 seulement ont étudié à Hong Kong. Volonté politique… ou plus simplement attrait de l’étranger pour les candidats?
Roger Liu et Paul Liu sont rentrés en Chine en janvier dernier après quatre ans d’études au séminaire « Holy Spirit » de Hong Kong, où ils ont obtenu la licence de théologie en juin 1998.
« Une religieuse qui a étudié en Allemagne, raconte Roger Liu au « Sunday Examiner », m’a dit qu’elle avait appris très peu de choses, parce que, durant les trois premières années, elle avait dû se consacrer à l’étude de l’allemand. De plus, la culture allemande et la culture chinoise sont trop difféérentes. Même si l’on va en Amérique, il faut tenir compte du temps nécessaire pour apprendre à étudier dans une langue étrangère ». Hong Kong, en revanche, est proche de la culture chinoise, sa langue, le cantonais, est parlée au sud de la Chine. « Le milieu et les gens sont semblables, et même l’expérience en paroisse est proche », déclare Liu.
Roger Liu, âgé de 28 ans, enseigne actuellement la théologie morale au séminaire national de la capitale. Il le reconnaît: « Etre un bon prêtre en Chine n’est pas la même chose qu’être un bon prêtre aux Philippines, où l’Eglise est une voix autorisée dans la société. Il n’est pas possible, par exemple, de soulever des questions de justice morale ou sociale et d’être actifs dans la société. Beaucoup même ont peur d’administrer les sacrements ».
Pour lui, l’Eglise chinoise doit croître: » De nombreux catholiques ne connaissent pas le catéchisme et ne comprennent pas la signification des sacrements et de la doctrine sociale de l’Eglise: les fidèles pensent qu’être un « bon rêtre » veut dire prier, aimer sa propre vocation et avoir une vie sacramentelle. Prendre soin des pauvres, ou parler de justice sociale, viendra par la suite. Cela ne veut pas dire qu’en Chine seule une partie de la doctrine ait de la valeur: l’Eglise est jeune et doit mûrir. La formation des prêtres et des religieuses est très importante, mais demande beaucoup de temps ».
Pas d’explication officielle
L’un des enseignements fondamentaux que Liu a reçu à Hong Kong, c’est la formation intégrale de la personne. « Dieu doit être présent non seulement quand on prie, mais dans tous les aspects de la vie. Je m’efforcerai de l’enseigner à mes étudiants », dit-il. L’abbé Peter Chooi, supérieur du séminaire « Holy Spirit », à Hongkong, pense que d’autres séminaristes chinois viendront à l’avenir. Pour lui, les autorités de Pékin n’ont pas donné d’explication à leur refus d’accorder des permissions suite aux demandes des séminaristes.
En novembre 1998, Mgr Michel Fu lui-même, évêque « patriotique » et supérieur du séminaire national de Pékin, a déclaré que les demandes de l’Eglise avaient été refusées sans raisons. Pour Mgr Fu, la raison pourrait être la loi sévère sur l’immigration qui interdit aux citoyens chinois de résider à Hong Kong. Le gouvernement de Pékin permet la résidence aux citoyens de son choix, au rythme de 150 par jour. (apic/cip/fides/pr)
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